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	<title>C&#039;est Entendu</title>
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		<title>Mort d&#8217;un Commis Populaire</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jul 2012 04:29:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joe Gonzalez</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Or quel bien est-ce de se ressasser tant et tant Quand si peu de souvenirs méritent nos sentiments... Que vivre encore ? De neuf... de fort ! Paul-Emile Geoffroy 1. L'éphémère caractère du divertissement populaire "Rien n'est éternel" pourrait être une maxime à la pop culture, un hymne. Rien en effet n'est réellement pérenne dans [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><span style="font-size: x-small;"><em>Or quel bien est-ce de se ressasser tant et tant</em></span><br />
<span style="font-size: x-small;"> <em> Quand si peu de souvenirs méritent nos sentiments...</em></span><br />
<span style="font-size: x-small;"> <em> Que vivre encore ? De neuf... de fort !</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: x-small;">Paul-Emile Geoffroy</span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>1. <span style="font-size: medium;">L'éphémère caractère du divertissement populaire</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">"Rien n'est éternel" pourrait être une maxime à la pop culture, un hymne. Rien en effet n'est réellement pérenne dans l'art et la distraction populaires qui sont, par essence, d'éternels recommencements. Le propre du divertissement est de suivre le diktat des temps et des nouvelles jeunesses, de naturellement s'adapter à chaque innovation, à chaque génération, de baigner, littéralement, dans l'<em>air du temps</em>. Ainsi vont les modes, les mouvements et même, les philosophies. Ainsi sont allés, des décennies durant, les airs populaires, les contes et légendes, sans cesse remis au goût du jour depuis que la mémoire est archivable. Ainsi se sont succédé styles, stars, histoires, genres et intrigues qui sans barrière ni digue ont englouti toujours plus avant la terre des possibles amusements, des spectacles toujours plus innovants.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis le jazz, à travers radio et disques, par-delà rock'n roll et télévision, jusqu'à notre toile et nos pop attractions, des décennies se sont succédé avec leurs lots de nouvelles têtes, de nouvelles dégaines, de nouveaux sons et jusqu'à la lie, nous l'avons bue, cette musique pop transformiste, pleine de promesses car sans cesse neuve, jamais éternelle, jamais lassante... Jusqu'à ce que... ça soit terminé.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Muhammad-Ali-Knocks-out-George-Foreman.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-3984" title="Muhammad Ali, George Foreman" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Muhammad-Ali-Knocks-out-George-Foreman.jpg" alt="" width="461" height="311" /></a><span style="font-size: x-small;">(KO après 56 rounds et des poussières)</span></p>
<p style="text-align: justify;">"Rien n'est éternel" et elle non plus, la musique qui nous faisait vivre, nous autres fondus, branchés et monomaniaques. Qui l'eût crue increvable, après tout ? Je redoutais la page blanche depuis des années, espérant un répit de plus, encore un, fouillant sans relâche les vieux tiroirs poussiéreux à la recherche de pistes, à la recherche d'un espoir pour la suite que je sentais chancelante, à la recherche déjà du neuf qui ne me semblait plus disposé à bondir. C'est Entendu s'est entre autres choses bâti sur une volonté de trouver dans le passé autant que dans le présent des voies vers l'avenir, vers un mouvement qui se faisait dès 2009 (et même avant) plus chaotique que jamais. Nous avons fait de notre mieux et abandonnons par knock out. La pop est à terre et aucune de nos éponges humides ne sauraient la ranimer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>2. <span style="font-size: medium;">Une année sans lumière</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">2011 fut une année difficile, de l'avis de nombreux aficionados déçus. Des battues furent organisées par les meilleurs des pisteurs d'alors pour dénicher bonnes surprises, pépites et quelques rares disques aussi réussis qu'anachroniques. Ce devaient être les derniers. Les experts sont unanimes, les signes ne trompent pas ; dès les premières semaines de 2012, après le calme habituel des vacances au ski, les classements annuels et les rémissions subséquentes aux crises de foie qui en découlent, la recherche du moderne recommença, l'envie de sons reprit ses droits... en vain. Huit mois plus tard, les chercheurs de jeunes talents sont rentrés bredouilles, <a href="http://www.cestentendu.com/2012/07/on-fonce-droit-dans-le-mur.html">les espoirs ont déçu, les victoires attendues se sont révélées des désastres et même, quelques éclaireurs hardis ont déserté</a>. Pour le défricheur lambda de musiques populaires et même savantes ou enhardies, c'est une bérézina écrasante, le désespoir le plus total.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/orpheus-in-the-underworld-jan-brueghel-the-elder-1594.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3993" title="orpheus-in-the-underworld-jan-brueghel-the-elder-1594" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/orpheus-in-the-underworld-jan-brueghel-the-elder-1594.jpg" alt="" width="600" height="433" /></a><span style="font-size: x-small;">(Orphée aux Enfers, en fin de compte)</span></p>
<p style="text-align: justify;">Ça n'est pas seulement un appétit trop grand, insatiable, se voyant enfin désenchanté entièrement par trop de snobisme, d'expérience, de cynisme accumulés, c'est un fait. Les musiciens en qui nous croyions nous ont lâchés et cela ne devrait nous poser aucun problème dans la mesure où l'ordre des choses aurait dû les remplacer. Or non. Les jeunes pousses, je parle des rares artistes et musiciens de la jeune génération qui ont une once de talent (ils sont si nombreux à bourgeonner pour la seule raison qu'ils le peuvent !), n'ont pour la plupart rien trouvé de mieux que de planter d'immuables racines en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le dire, l'imaginer. Ce qui avait demandé à leurs ainés des années de maitrise, eux le pratiquent dès la naissance : ils ne sont pas auteurs de trois singles que déjà ils s'enferment dans une méthode, une formule, une niche de confort depuis laquelle jamais ils n'auront à draguer alentour. Contentés par leur artisanat et contempteurs de leur temps et de leur art, ils s'adonnent sans honte à la médiocrité quotidienne. Leurs chansons, leurs looks, les noms dont ils s'affublent, leurs clips, leurs concerts, leurs discours sont polis, policés, dans une norme post-tout apte à satisfaire tout le monde un peu et personne vraiment. Il n'est pas étonnant qu'une telle époque voie <a href="http://blogs.ocweekly.com/heardmentality/2012/07/old_records_are_outselling_new.php">pour la première fois les vieilleries dépasser les ventes des nouveautés</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette affligeante série de mois sans brillance, nous nous y sommes résolus, n'aura enfanté aucun chef d’œuvre éternel et une poignée seulement de sources d'espérance. Des disques que l'on se laisserait volontiers aller à placer sur l'immérité piédestal où les pousseraient leurs pauvres pauvres camarades. Certains ont eu droit ici à quelques mots, accompagnant d'un sourire bienveillant un "peu d'ambition" déjà énorme et une qualité artisanale au-dessus de la basse moyenne actuelle : <a href="http://www.cestentendu.com/2012/01/vise-un-peu-chairlift-something.html">Chairlift</a>, <a href="http://www.cestentendu.com/2012/07/reveillez-vous.html">Ty Segall</a>, <a href="http://www.cestentendu.com/2012/05/darkambient-i.html">Witxes</a>, <a href="http://www.cestentendu.com/2012/06/damon-albarn-dr-dee.html">Damon Albarn</a>, <a href="http://www.cestentendu.com/2012/06/damon-albarn-dr-dee.html">iamwhoami</a>, <a href="http://www.cestentendu.com/2012/06/damon-albarn-dr-dee.html">Dominique A</a>... D'autres ne sont pas passé loin de nos colonnes, qui nous auront moins enthousiasmés malgré quelque talent : Julia Holter, Grimes, Oren Ambarchi, Micachu &amp; the Shapes et même le Brian Jonestown Massacre (preuve supplémentaire de nostalgie par défaut). Rares auront été les réussites dignes, sans conteste, de l'honneur du top album de Décembre. <a href="http://www.cestentendu.com/2012/05/shackleton.html">Shackleton</a>, peut-être, et <a href="http://www.cestentendu.com/2012/05/swans-we-rose-from-your-bed-with-the-sun-in-our-head.html">Swans</a> avec un double album live et un double album studio terriblement puissants... Les Dirty Projectors, certes inégaux comme de coutume mais encore une fois en avance sur les autres. <a href="http://www.cestentendu.com/2011/10/alors-quoi-je-suis-sur-le-point-de.html"><strong>Frank Ocean</strong></a> sans doute, le seul auteur/compositeur véritablement doué et prometteur de sa génération, une véritable star et pas un ersatz d'indie kid attardé, un jeune homme expressif dénotant parmi les papys de 25 balais qui constituent la masse des musiciens américains, anglais, français de l'indisphère, et un bien plus sérieux candidat que son ami <a href="http://www.cestentendu.com/2011/05/vise-un-peu-tyler-creator-goblin.html">Tyler</a>.</p>
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<span style="font-size: x-small;">Frank Ocean - <em>Pyramids</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Tout au plus une dizaine de disques éparpillés dans l'océan de publications plus insipides les unes que les autres (et ce, quel que soit leur style - des grésillements hululés de <a href="http://www.cestentendu.com/2012/07/la-fin-du-monde-en-forme-de-samossa.html">Passion Pit</a> au post-dubstep creux de Purity Ring en passant par les prêts-à-stader de <a href="http://www.cestentendu.com/2012/05/beach-house-bloom.html">Beach House</a>) et combien de grands ? Combien de cette poignée écouterons-nous encore dans dix ans ? Dans un an ? Aucun mouvement, aucune coordination de style ou de pensée, aucune ambition, ni style ni respect ni charme, aucun espoir. Faute de terre à défricher, faute d'aventure, peut-être, la moribonde s'est étalée et ses rejetons la foulent du pied, la recouvrent de brindilles et y mettent le feu chaque jour qui passe. Le désœuvrement sera finalement venu à bout de l'art.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>3. <span style="font-size: medium;">Définition d'un Sourd</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">Aux critiques qui pourraient nous être adressées encore de snobisme, de goûtisme, et aux reproches que l'on pourrait nous faire d'intellectualiser à outrance ce qui ne devrait rester qu'un engouement physique ou une histoire de goûts, justement, nous aurons fort à répondre. Un sourd est celui qui, sous couvert de simplicité et d’imbécillité au regard d'un art (celui de la Musique) se rend lui-même indifférent à l'anémie de cet art, à la médiocrité, à l'absence, pour ne conserver de cette entité qu'un profit personnel égoïste, dramatiquement limité et furieusement réducteur, quel que soit le prix de cette tant désirée réduction au plaisir individuel.</span></p>
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<span style="font-size: x-small;">Low - <em>When I Go Deaf</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Loin de nous l'idée de rester muets face à des sourds ou d'absoudre comme tant d'autres par le silence ou le mensonge l'enthousiasme de ces sourds, bourreaux d'un art, pour ce qui n'est plus enthousiasmant depuis longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/20091115_haine_musique.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3992" title="20091115_haine_musique" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/20091115_haine_musique.jpg" alt="" width="296" height="236" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C'est Entendu a été, plus de trois ans durant, notre façon d'élever la voix contre l'insuffisance d'une proposition artistique et l'inacceptable approbation de la masse sourde.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous savions qu'en privant un art de son mouvement, en refusant de le laisser penser, en confortant ses acteurs dans l'idée d'un confort immobile, d'une impossible révolution, les sourds finiraient par l'asphyxier ; c'est pourquoi nous avons par tous nos moyens poussé la musique populaire jusque dans ses retranchements, vers ses frontières, espérant l'y voir se transcender, glorifiant ses acteurs les plus passionnés, les moins soumis, évitant soigneusement les collaborateurs d'une fin annoncée par trop de morale ou les clouant au pilori. Nous essayions de faire voir plus clair à nos lecteurs dans la masse, de pointer du doigt les artistes méritant l’opprobre et de féliciter les quelques résistants dont les vues n'étaient pas qu’égoïstes et dont les œuvres interrogeaient, intriguaient, éveillaient.</p>
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<span style="font-size: x-small;">The Watts Prophets - <em><a href="http://www.cestentendu.com/2012/07/reveillez-vous.html">Wake up</a>, Niggers</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne nous excuserons jamais d'avoir cherché à éveiller la pensée individuelle chez nos lecteurs, autant que chez nous-mêmes, au détriment du confort individuel prôné partout.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>4. <span style="font-size: medium;">Mort d'un commis populaire, à l'orée de l'Apocalypse</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">Il nous a pourtant semblé ces dernières semaines réaliser que la surdité triomphait, que la musique populaire avait atteint un stade de rigidité post-mortem tel qu'il n'était plus nécessaire de peiner encore à y chercher un remède ou un quelconque espoir.</span></p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/bS06hd9DtQ8?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="25">
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<span style="font-size: x-small;">Lou Reed - <em>Vanishing Act</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Après tout, C'est Entendu n'a jamais été conçu autrement que comme un medium (le magazine) lui-même voué à une fin. "Rien n'est éternel" et comme tout bon magazine qui se respecte, C'est Entendu avait été pensé éphémère, sa durée de vie implicitement liée à celle des phénomènes et des sujets qui chaque jour y étaient décortiqués.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des huit derniers mois, la débandade s'était d'ailleurs faite sentir ailleurs et surtout chez ceux de nos confrères qu'un an auparavant encore, nous considérions comme les meilleurs en activité. Le webzine anglais <strong><a href="http://thequietus.com/">The Quietus</a></strong>, une référence jusqu'alors en matière d'intellectualisation de la pop, n'est pas le seul à avoir ralenti le rythme de ses articles éditorialistes. <a href="http://www.the-drone.com/magazine/"><strong>The Drone</strong></a>, qui se voulait jusque-là le numéro 1 de l'interview de musiciens ayant quelque chose à dire et dont le contenu éditorial était majoritairement consacré à la musique, semble aujourd'hui tout sauf spécialisé : on y voit paraître des articles sur des phénomènes internet, des commentaires d'actualité, <a href="http://www.the-drone.com/magazine/shitlist">des rubriques tout sauf intellectuelles</a> et surtout on y trouve de moins en moins d'interviews, faute de candidats sans doute...</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/0060.jpg"><img class="alignright  wp-image-3998" title="0060" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/0060.jpg" alt="" width="220" height="702" /></a>On a l'impression que les meilleurs magazines musicaux de l'an dernier... s'ennuient depuis janvier. Et C'est Entendu n'est pas en reste ! Ma réaction fut de <a href="http://www.cestentendu.com/2012/04/cest-suspendu-1.html">parler d'autre chose</a>. A tort peut-être, par désœuvrement, par ennui et par envie de trouver ailleurs le contenu, la polémique, l'effervescence qui n'étaient plus là où je les cherchais auparavant. En huit mois, je n'ai plus assisté qu'à un nombre très limité de concerts, toujours plus "sympas", jamais fantastiques ; aucun disque ne m'a fait voir Dieu, pas même un peu et souvent mes attentes enthousiasmées se sont retrouvées déçues. Si peu de musiciens me paraissent encore vraiment croire en la Musique et tant d'auditeurs, de critiques et d'amateurs m'ont confié ressentir un abandon que je comprends tout à fait The Quietus, The Drone et quelques confrères de s'intéresser à autre chose. Même si je ne partage pas leurs nouveaux centres d'intérêts (je ne lis pratiquement plus ni l'un ni l'autre de ces sites qui étaient l'an dernier tout en haut de mes favoris). Je préfère les voir ainsi obliquer que de vainement s'accrocher comme <a href="http://pitchfork.com/"><strong>Pitchfork</strong></a> ou surtout <a href="http://stereogum.com/"><strong>Stereogum</strong></a> à faire l'inventaire de l'actualité de la musique pop, sans réel esprit critique d'ensemble, comme une presse mort-vivante, se nourrissant de la matière livide que l'enthousiasme général leur fournit. Car je l'ai dit, de l'enthousiasme, il y en a énormément, et partout. Les Disquaire/Record Store Day fonctionnent (la dernière édition parisienne a marché du tonnerre), la vente de vinyles est bien repartie, les radio-télé-concert-crochets perdurent, les branchés ramollos s'échangent tout un tas de disques indés plus mous les uns que les autres, les branchés intellos écoutent une avant-garde plus ennuyeuse qu'enrichissante, les autres se contentent des mises à jour périodiques de plus en plus épurées de leurs valeurs sures (on attendait tous <a href="http://www.cestentendu.com/2012/07/liars-wixiw.html">le Liars amputé</a> qui nous aura fait défaut).</p>
<p style="text-align: justify;">Cet enthousiasme-là est pourtant bien superficiel en cela qu'il est celui des sourds et seulement le leur. Les véritables passionnés désespèrent d'entendre enfin les disques dont ils ont besoin et dont l'art musical lui-même ne peut se passer pour survivre. Une époque si bourgeonnante, présentant une telle explosion de la production indépendante (censée garantir un soulier d'avance sur le supposé <em>mainstream</em>, gage de qualité), une telle ardeur de la masse des auditeurs, voici qui devrait enchanter le passionné et qui plus est le critique. Pourtant, ce qui un temps s'est voulu communauté de blogueurs et zineurs (sic) unie n'existe plus et on en arrive à recevoir des coups de téléphone inopinés de la part de ces boites de promotion que, fut un temps, nous harcelions pour des disques, et à l'autre bout du fil une voix frêle vous demande poliment si vous avez bien reçu un e-mail promotionnel pour un autre de ces innombrables groupes interchangeables, insipides avatars dont l'apparence (pochettes, clips, patronyme) vous renseigne illico sur le contenu, et si vous pourriez, s'il vous plait, écrire un article sur ledit groupe. Le pathétique de tout cela tient à ce qu'en d'autres temps, pour d'autres sons, nous aurions tous été ravis de ces appels-là. Au lieu de s'interroger sur la masse informe de leurs catalogues de prêt-à-clipper jetable, ces labels, ces collectifs, ces promoteurs essaient encore de la vendre par tous les moyens. Et sans doute cela marche un peu ! Mais qui achète ces disques-là, qui est sourd à ce point-là ? Il ne s'agit même pas de "faute de goût". Qu'est-ce que "le goût" ? Qu'est ce qui a du style, aujourd'hui ? Et qu'est-ce qui est embrasé, enivrant ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ces conditions, peut-être favorisées par l'angoisse bien gomorrhéenne (sourde, elle aussi) d'une proche <a href="http://www.cestentendu.com/2012/07/la-fin-du-monde-en-forme-de-samossa.html">Apocalypse</a>, je préfère enterrer ce zombie qui erre encore en tous sens et que jadis j'appelais Dieu, avec entre les dents la clé d'argent des bureaux de la Rédaction de ce magazine, sur le torse une peluche à l'effigie de <a href="http://1.bp.blogspot.com/-iZFk81ZTyDQ/TnKNoefjbXI/AAAAAAAADTM/2bQRBjM-g1Q/s1600/debouche%2Bbuzz.jpg">Murray</a> et sur le visage le "rideau !" qu'il faut bien clore. La musique a peut-être fait son temps. Peut-être renaîtra-t-elle à la lumière lorsque l'envie reparaîtra, lorsque la pensée individuelle sera revenue à la mode, poussée par nos interminables odes, qui ailleurs désormais couvriront le glas.</p>
<p><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/cartouchefini.png"><img class="aligncenter" title="cartouchefini" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/cartouchefini.png" alt="" width="367" height="133" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Joe Gonzalez</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Vidéodimanche #87</title>
		<link>http://www.cestentendu.com/2012/07/videodimanche-87.html</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Jul 2012 08:18:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joe Gonzalez</dc:creator>
				<category><![CDATA[A l'affiche]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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		<description><![CDATA[par Joe Gonzalez art par Jarvis Glasses &#160; On a vu vous et moi défiler des centaines de ces clips souvent à gerber d'ennui, parfois fantastiques de justesse, presque toujours révélateurs. Il me semblait dans l'ordre des choses que ce tout dernier numéro de Vidéodimanche, je devais le consacrer à une sorte de définition personnelle [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5544604223933361026" class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_S3-pcq4X-sA/TPJkKkOtq4I/AAAAAAAAAGg/3UXDbHdrTR4/s400/videodimanche.jpg" alt="" width="400" height="196" border="0" /></p>
<p style="text-align: right;"><em>par Joe Gonzalez</em><br />
<em>art par Jarvis Glasses</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">On a vu vous et moi défiler des centaines de ces clips souvent à gerber d'ennui, parfois fantastiques de justesse, presque toujours révélateurs. Il me semblait dans l'ordre des choses que ce tout dernier numéro de Vidéodimanche, je devais le consacrer à une sorte de définition personnelle du concept et à une apologie de ce que, moi qui depuis des semaines et des semaines m'échine à décortiquer ce qui ne tourne pas rond dans la cliposphère, je considère être un <em>bon clip</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Un clip, c'est une œuvre visuelle avant tout, et comme tout document visuel, il documente pardi ! La cliposphère dans son ensemble est un indicateur, en premier lieu, un miroir sur le monde qu'elle éclaire et met en mouvement, le microcosme de la musique populaire. De ce fait, chaque clip est d'intérêt public et exégétique. Le plus mauvais des courts-métrages "plaqué" sur une chanson, avec ses ralentis imbitables, ses clichés cinématographiques et son petit scénario étrange-et-mignon-et-cool qui va bien, même celui-là participe de la gigantesque fresque qu'est la cliposphère et qui conte à qui souhaite ouvrir yeux et oreilles les us, coutumes, looks, idées, envies et rythmes de la génération qui l'enfante, du plus jeune des publics-types censé avaler ces images et s'y retrouver au plus âgé des vitriers censé imager la réalité dudit public. La cliposphère prise à un temps X est un kaléidoscope symbolisant une époque donnée dont X serait le centre, et de ce point de vue, chaque clip est passionnant.</p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, l'anthropologue et le sociologue du Dimanche que vous êtes peut-être doit comme moi commencer à voir plus clairement se définir les contours de sa génération (ou de celle de ses enfants, je salue au passage nos lecteurs du troisième âge !) et cet aspect scientifique des clips doit désormais vous nifler un brin ! Vient la question de ce qui départage la simple peinture d'une culture du clip de talent. Un clip réussi ne met pas seulement en scène une culture, il met en scène les acteurs-mêmes de la musique. Un clip réussi met en scène les musiciens. Non contents d'être les acteurs principaux d'une simple étude de cas culturel, ils seront par ailleurs mis en situation de représenter leur musique, de se représenter personnellement. Les images, le décor, l'enchainement des images, le look et les actes des musiciens seront en accord avec ce qu'ils représentent ou veulent représenter. L'ambiance qu'ils souhaitent <a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;v=E7CaTJ2SvG8">distiller</a>, <a href="http://vimeo.com/17607134">l'idée qu'ils veulent promouvoir</a>, leur carré de prairie culturel particulier, <a href="http://youtu.be/dfjsiFu7ay8">leur folie à eux</a>, c'est tout ça qui sera transmis par les images autant que par la musique. Un clip vraiment réussi ne se contente pas de vous placer en observateur, il cherche à vous convaincre, à vous vaincre, à faire de vous sa chienne, à vous faire participer, à vous faire croire en une musique, en une personnalité, en un univers artistique tout entier. Un clip entièrement réussi instillera en vous la sensation qu'il souhaite, vous fera associer à tout jamais les notes entendues aux images dévorées des yeux, vous <a href="http://www.youtube.com/watch?v=XV8CxSO5imQ">donnera envie d'à votre tour prendre les armes</a> et vaincre les suivants. A vous de voir si la dernière cuvée qui vous est servie recèle ce genre de pépite.</p>
<p>&nbsp;</p>
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</object><br />
<strong>Peaking Lights</strong> - <em>Beautiful Son</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(brillamment abuser d'un enfant)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/qHRFqjGCUvU?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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</object><br />
<strong>Zola Jesus</strong> - <em>Seekir</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(croire avec son âme à l'idée folle de l'eurodance pour indie kidz)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/TkeUFRK4i7w?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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</object><br />
<strong>Bloc Party</strong> - <em>Octopus</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(fanatiques de Blur en phase adulte)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/Nrnq4SZ0luc?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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</object><br />
<strong>Le1f</strong> - <em>Wut</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(post-rap dégingandé)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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</object><br />
<strong>SSION</strong> - <em>Feelz Good (4-EVR)</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(raccourci clavier pour smiley pute)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://player.vimeo.com/video/45840383?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&amp;color=2FA694" frameborder="0" width="480" height="370"></iframe><br />
<strong>The-Dream</strong> - <em>Dope Bitch</em> (feat. Pusha T)<br />
<span style="font-size: x-small;">(R&amp;Bling pris au mot)</span><br />
<strong></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La Fin Du Monde, en forme de samossa</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jul 2012 10:01:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après l’invasion l’hiver dernier des cerfs, renards et autres figures du bestiaire forestier, les images qu’on nous propose depuis quelques mois semblent rafraîchir une «tendance» née il y a quelques années, et largement diffusée depuis par les industries de la  musique et de la mode. Nul besoin d’être un érudit de graphisme, nous expérimentons tous [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Après l’invasion l’hiver dernier des cerfs, renards et autres figures du bestiaire forestier, les images qu’on nous propose depuis quelques mois semblent rafraîchir une «tendance» née il y a quelques années, et largement diffusée depuis par les industries de la  musique et de la mode. Nul besoin d’être un érudit de graphisme, nous expérimentons tous chaque jour ce face à face souvent navrant avec des images qui semblent formées du même moule - un moule triangulaire. Des clips et pochettes d’albums aux T-shirts imprimés de nos amis hipsters, nous ne pouvons avoir échappé au symbole le plus usé de l’année : voici revenu <strong>le règne du Triangle</strong> et de son univers interstellaire-mystique. Fort de millénaires de symbolique, il ne pouvait réapparaître à notre époque qu’un peu fatigué,  ou un poil ridicule. Ceux qui crurent y voir un renouveau de la Franc-Maçonnerie seront déçus : le triangle n’est aujourd’hui plus qu’un signe marchand, une promesse de vente. Mais comme tout symbole, même marketing, il se doit d’être analysé comme témoin d’une époque.</p>
<p>Et justement, il y a comme une odeur d’apocalypse qui traîne.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/tripleentente1clemencepetit.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-3937" title="tripleentente1clemencepetit" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/tripleentente1clemencepetit.png" alt="" width="600" height="242" /></a><span style="font-size: x-small;">(Image 1) Drew turner /  (Image 2) Chritian Conlh / (Image 3) Leif Podhajsky</span></p>
<p style="text-align: justify;">Renards dorés et loups bienveillants se font désormais plus rares que les stylisations de voies lactées sur les T shirts de TopShop, et la forêt semble avoir été délaissée pour d’autres paysages moins verdoyants. Comme pour nous rappeler que le confort de la vie de bucheron canadien n’était qu’un leurre, même s’il a réchauffé nos fantasmes tout l’hiver. L’heure est grave, le Triangle et ses dérivés graphiques forment le nouveau All-Seeing Eye qui nous regardera fixement jusqu’au Jugement Dernier. Montagnes, pyramides et gros diamants sont les nouveaux symboles de force et de stabilité d’une époque qui semble redouter une fin proche. Et le Graphiste n’a jamais eu tant de responsabilité dans l’entretien de ces nouvelles mythologies. La peur de la Fin nous fait ressortir des tiroirs tout le symbolisme mondial : mélangeons triangles, mandalas, constellations et œil de la Providence, nous cumulerons ainsi les chances de survie.</p>
<p style="text-align: justify;">Inutile toutefois de chercher flammes de l’enfer et paysages dévastés imprimés sur T-shirts, ces croyances revernies n’ont plus rien en commun avec les textes bibliques ; tant qu’à redouter l’apocalyspe, autant la montrer sous son plus bel éclat. A grand renfort d’imagerie psychédélique, le chaos se donne désormais à voir sous une explosion de fragments kaléidoscopiques aux couleurs acidulées. Et rien de mieux choisi que l’industrie musicale pour propager cette iconographie : les pochettes d’albums n’ont jamais été tant empreintes de messages faussement subliminaux depuis les délires graphiques des 70’s. Le maître en la matière s’appelle <a href="http://leifpodhajsky.com/"><strong>Leif Podhajsky</strong></a> et signe l’identité musicale de nombreux groupes, dont <a href="http://www.cestentendu.com/2010/12/reveille-matin-tame-impala-desire-be.html"><strong>Tame Impala</strong></a>. C’est sans grand étonnement qu’on découvre la pochette du dernier-né "Apocalypse Dreams" bariolée de couleurs qui évoquent davantage le <em>dream</em> que la fin du monde. L’univers du génial Leif n’en reste pas moins sublime ; pourvu que ceux qui maîtrisent l’art du graphisme apocalyptique restent les préférés de cette industrie musicale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/doublealliance2clemence.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-3938" title="doublealliance2clemence" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/doublealliance2clemence.png" alt="" width="600" height="293" /></a><span style="font-size: x-small;">Leif Podhajsky : (Image 1) visuel ayant servi à l’identité de l'album "Inner Speaker" de Tame Impala / (Image 2), pochette de l'album "Apocalypse Dreams" de Tame Impala</span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans ce remous d’images mi-risibles, mi-séduisantes, nous n’arrivons même plus à prendre au sérieux cette Apocalypse prévue pour les fêtes de fin d’année. Même le délire Maya a été récupéré par la mode en une effervescence de motifs néo-amérindiens. Que nous y croyions encore un peu ou non, les prédictions de ces nouveaux graphistes-gourous ont au moins le mérite de nous proposer une nouvelle vision plus acceptable du chaos, reste à savoir combien de temps la tendance va perdurer.</p>
<p>Alors roulons encore de beaux patins à ce Triangle étincelant comme une couverture de survie avant d’assister à sa déchéance.</p>
<p>C. H</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Passion-Pit.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-3935" title="Passion Pit" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Passion-Pit.jpg" alt="" width="540" height="307" /></a><span style="font-size: x-small;">Extrait du <a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;v=6Bmg3h7RSM4">clip d'</a><a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;v=6Bmg3h7RSM4"><em>I’ll be alright</em></a></span> <span style="font-size: x-small;">de Passion Pit, fraîchement visible sur Internet, dans lequel un gardien de musée embrasse goulûment une œuvre triangulaire allumeuse. </span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>On fonce droit dans le mur ?</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jul 2012 07:02:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matt</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Jusqu'ici, je n'ai presque rien écouté de ce qui est sorti cette année ; on est quand même presque fin juillet. Enfin, bien sûr, j'ai écouté quelques trucs mais dans une dimension insignifiante par rapport à mon enthousiasme des années précédentes. Cela vient moins de la qualité du planning et des annonces de nouveaux disques (en partie quand même) que de ma propre démotivation face à <strong>l'état actuel de la musique dite "populaire"</strong>. L'année dernière encore, tout m'enthousiasmait, je trouvais moult disques à adorer, et puis subitement, plus rien. Je me sens mou, complètement amorphe, sans envie de bouger. Il y a si peu de choses tentantes !</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, quand je suis devant mon ordinateur, une guitare à la main, à gratter des accords devant un Cubase cracké jusqu'à la moelle et que je me surprends à sourire comme un neuneu parce que ce que ma guitare vient de cracher sonne "so nineties", j'ai envie d'utiliser la même expression que mon paternel qui, accroché tous les midis à son poste de radio à écouter les débats sur l'Euro et autres, s'exclame tel un vieux briscard à qui on ne la fait pas que l'on "fonce droit dans le mur".</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/photo-sonic_youth-oops.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3911" title="photo sonic_youth oops" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/photo-sonic_youth-oops.jpg" alt="" width="310" height="300" /></a><span style="font-size: x-small;">Oui Sonic Youth, tu es plus ou moins mort, mais pas franchement, plutôt de manière mollassonne, après quelques derniers sursauts pas déplaisants, et si ça se trouve tu vas te réveiller dans quelques années. Que n'es-tu pas décédé nettement et proprement après le bon "Murray Street", il y a de ça dix ans ! Alors aujourd'hui je danserais autour de ta tombe, je roulerais des pelles à ton cadavre et je fracasserais des guitares à ta gloire <span style="color: #ff0000;">(*)</span>.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être traversons-nous un âge où cette pensée du "c'était mieux avant", qui frôle chaque esprit au moins une fois dans une vie, s'est installée dans le subconscient collectif musical. À quel prix ! Mais oui, nions notre époque, replongeons-nous dans celles d'avant, et qu'on s'y plaise, qu'on s'en délecte, et que l'on mélange tout, pour en tirer des choses nouvelles pendant un temps, faire avancer la machine encore un tout petit peu, puis s'arrêter de pousser les choses plus loin en se disant qu'elles sont biens là où elles sont. N'affûtez plus vos oreilles de connaisseurs, ce n'est plus la peine, vous ne pouvez plus deviner par une écoute approfondie à quelle décennie appartient le groupe de garage rock que vous venez d'entendre. Ou quand <a href="http://www.cestentendu.com/2012/04/lee-ranaldo-xtina-as-i-knew-her.html">nos héros d'hier</a> sont <a href="http://www.cestentendu.com/2011/12/reveille-matin-wild-flag-glass.html">nos bêtes noires d'aujourd'hui</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/cthulhu.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3912" title="cthulhu" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/cthulhu.jpg" alt="" width="404" height="550" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En vérité les incas ou je ne sais qui nous ont mis sur la voie, et il est tentant de voir 2012 comme une fin du monde sonore, le paroxysme d'une déchéance d'inspiration musicale dont la gangrène purulente se propage sur le web à vitesse grand V et qu'on parvient à ignorer en lui passant de la pommade convenablement à coup de <a href="http://www.cestentendu.com/2011/04/quitte-ou-double-odd-future-tout-trace.html">cool-attitude faussement innovante</a>, de <a href="http://pitchfork.com/reviews/albums/15551-bon-iver/">hype raplapla</a> et de rétromanie à laquelle on se livre tous plus ou moins, par dépit et nostalgie avouée. Que faire alors lorsque nos yeux commencent à s'ouvrir, et que notre cynisme s'éveille à un point où <a href="http://www.cestentendu.com/2012/07/liars-wixiw.html">nous en venons à douter</a> du potentiel de nos propres espoirs, tandis que <a href="http://arts.nationalpost.com/2012/05/17/montreals-handsome-furs-are-no-more/">nos chouchous se font la malle</a> ? Devons-nous lutter farouchement en quête d'un maigre salut, ou devons-nous sombrer, tel l'homme Lovecraftien face à l'horrible vérité immuable des affres du cosmos, dans une folie incontrôlable, unique abri où nous réfugier ?</p>
<p style="text-align: justify;">A cet égard le concert de <strong>Radiohead</strong> à Nîmes le 10 juillet dernier fût un agréable constat tant le quintet, monstre musical et vache sacrée de la populace "indie" a montré qu'il était toujours prêt à aller de l'avant presque vingt ans après son premier album, la bande à Thom Yorke paraissant bien plus vivace et emportée par ce qu'elle joue désormais que certains récents groupes de jeunes qui ont déjà l'air de morts-vivants. En voilà un qui essaie, et qui, même si le résultat n'est pas toujours convaincant, fait le point, tente de trouver une suite à sa carrière de mastodonte, continue sa progression à sa mesure (il n'y a qu'à voir le nombre de nouvelles chansons en single ou sur scène depuis le dernier album, ou encore le Live From The Basement fin 2011). Finalement voir Radiohead sur scène en 2012 est presque autant un vent de fraîcheur qu'un gros plaisir nostalgique ; ça en dit quand même long sur ce qui se passe autour.</p>
<p style="text-align: justify;">En parlant de Radiohead, combien d'albums depuis l'an 2000 ont su émerveiller et indigner un paquet de gens comme l'a fait "Kid A" ? Avec cet esthétisme inattendu, aboutissement d'un évolution personnelle du groupe autant que d'une assimilation d'influences environnantes issues des années 90 (la musique électronique, elle-même experte du sample et du recyclage), en transitant de "OK Computer" à "Kid A", Radiohead a peut-être bien dessiné une sorte de pont synthétique annonçant la donne des douze années à venir qui n'ont plus vu aucun réel genre émerger mais de constants mélanges et bricolages anachroniques, pour le meilleur et pour le pire. Parce qu'il faut être honnête, après "Kid A", la décennie fut pour un trop grand nombre de formations une course à celui qui concoctera le meilleur cocktail à base de plats réchauffés.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/girls.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3910" title="girls" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/girls.jpg" alt="" width="520" height="347" /></a><span style="font-size: x-small;">Déjà <a href="http://www.cestentendu.com/2011/08/comptez-pas-sur-moi-girls-father-son.html">six pieds sous terre</a>.</span></p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut que se rendre à l'évidence ; la musique populaire, telle que nous l'avons conçue durant le siècle dernier, décline dans sa progression, et nous ne percevons aujourd'hui que les ultimes soubresauts de son corps déjà pourrissant, que l'inconscient général s'obstine à vouloir conserver au frais comme s'il allait se réveiller.<br />
Et alors, en quoi peut donc consister<strong> l'anti-immobilisme</strong>, dès lors qu'il essaie de faire marcher ce qui ressemble de plus en plus à un tas d'ossements ? Peut-être doit-il s'accompagner d'une radicalité, d'un nouvel extrémisme artistique - dont on se délecte lorsque l'on en perçoit des bribes - seul moyen d'accéder à une renaissance musicale indispensable et propre à son temps ; l'explosion totale des formats, l'annihilation des conventions de durée des morceaux, et de leur distribution, accompagné d'une remise en question de ce que peut et doit être une œuvre musicale du XXIème siècle, sont des pistes à explorer davantage. Il faut redonner à la musique des propos (peu audibles aujourd'hui), transcender les formules pop devenues trop automatiques, tenter de réinventer l'écriture et les structures si l'on n'est pas capable d'exceller en les conservant (même si heureusement il existe toujours des artistes qui parviennent à être géniaux sans ce genre de révolutions); les métissages musicaux de ces dernières années et l'orgie des genres ont suffisamment préparé le terrain pour cela.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains le déplorent, d'autres s'en réjouissent ; c'est en tout cas un fait, <strong>le format album classique</strong> est en train de se désintégrer (cependant que son contenu devient ennuyeux) ; mais la disparition du disque physique ne doit pas nous obliger à nous rabattre sur un équivalent digital de chez iTunes, soit la même chose en plus pauvre, en plus facile, plus éphémère et plus insignifiant (je ne crois pas que la possibilité de n'acheter qu'un seul morceau soit un service rendu au tout dont il fait partie ; l’œuvre implose et que reste t-il ? des bribes digitales ?). On ne pourra pas de toute façon rester éternellement le cul entre deux chaises, à applaudir le retour du vinyle tout en se jetant à tout va sur les derniers leaks crachotant en 120kbps.</p>
<p><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/flaming-lips-skull.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3909" title="flaming lips skull" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/flaming-lips-skull.jpg" alt="" width="469" height="480" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je crois que l'on ne fait pas assez de louanges de ces bonnes galettes qui réimposent l'album (ou l'EP) en tant qu’œuvre par une petite subversion du fond ou de la forme ; nous avons besoin de plus de Disques comme le "Visitor" de <strong>Jim O'Rourke</strong>, les œuvres plastiques psyché-délirantes des <strong>Flaming Lips</strong> où le triptyque du <a href="http://www.cestentendu.com/2012/02/vise-un-peu-session-de-rattrapage-2011-troisieme-partie.html">dernier album des <strong>Snobs</strong></a>, soit des travaux qui possèdent une identité structurelle propre tout en gardant une parenté certaine à la "pop", ce terme si ambigu au fond. Là se trouve peut-être le salut, le dernier rempart face à un "no future" qu'il faut aujourd’hui fuir comme la peste. Ou nous sombrerons.</p>
<p>Matt.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-small;"><span style="color: #ff0000;">(*)</span> : Je tiens à préciser que ce papier se veut plus interrogatif que donneur de leçons et que je suis le premier à m'envoyer du pot-pourri indie-rock à gogo (même "The Eternal") et à attendre le prochain album de MBV comme s'il y avait une chance qu'il soit super. La situation que je m'amuse à décrire non sans forcer les traits nous concerne pour la plupart, il s'agit de le reconnaître.</span></p>
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		<title>Réveillez-vous.</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jul 2012 08:45:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joe Gonzalez</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Réveillez-vous. Haut-le-coeur, gueule de bois, peu importe le mal, il compte et bien plus que vous ne le croyez de réaliser par-dessus tout que vous souffrez. Nous sommes malades ! ne serait-ce que de n'y voir plus suffisamment clair, souffrants que nous sommes d'une accommodation automatisée, laquelle nous fait goûter les plus infâmes plats surgelés, décongelés, réchauffés, mâchés puis recuits comme s'ils étaient les meilleurs des mets. Nous ouvrons chaque matin des yeux fermés qui d'écran en affiche et jusqu'au papier journal ne trouvent ni raison ni moyen de rien regarder. Voir les yeux fermés, le mieux que l'on puisse faire, un moindre mal pour les anarchissimilistes, le plus grand Bien pour les moralistes bourgeois. "Vive la dynamite spirituelle !" dis-je moi, car enfin non tout ça n'est pas acceptable. Une chanson-nitro en guise d'alarme, tout ce qui est présentement en mon pouvoir, le reste est vôtre.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/they-live-glasses.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3897" title="they-live-glasses" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/they-live-glasses.jpg" alt="" width="400" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ouvrir la radio étant ici hors-sujet, il s'agit de choisir : quel son pour se réveiller enfin ? La logique du marché, de l'offre, de la demande et bien entendu cette dictature bénie du neuf réclament Ty Segall, <strong>nouveau Lennon/<a href="http://www.cestentendu.com/2010/01/gueule-de-bois-jay-reatard-ugly-death.html">Reatard</a></strong> récemment consacré, apôtre d'une rétromaniaquerie avouée, dont les incarnations sont aussi variées que les épîtres à ses fidèles ; cette fois-ci masqué d'un psychédélisme furieusement néo-classique, de quoi faire mouche sans coup férir.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/ty-segall-and-white-fence.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3894" title="ty-segall-and-white-fence" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/ty-segall-and-white-fence-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><object data="http://www.youtube.com/v/FRw430N785g?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="25">
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</object><br />
<span style="font-size: x-small;">(Ty Segall &amp; White Fence - <em>Tongues</em>, sur l'album "Hair", 2012) </span></p>
<p>Bien entendu, twist et grand chambardement ! là n'est pas la solution annoncée.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous réveilleriez-vous seulement, d'entendre un tel psychédélisme onaniste prodigué par <strong>Untel Segall</strong>, sans nulle autre visée pour lui que de bien faire, sans nul autre choix pour vous que d'y croire de bon coeur ? J'ai choisi il y a longtemps d'assimiler le psychédélisme, et particulièrement lorsqu'il est musical, à un gigantesque couloir en perpétuel mouvement, tube imaginaire aux dimensions indignes d'intérêt, mû par la force de l'esprit, bardé de mille couleurs, de mille images défilant en lui, sur lui, en tous sens, sans début ni fin, direction ni signification. Jamais n'ai-je cependant pu assimiler cet étrange objet où les connaissances s'entremêlent et progressent sans arrêt à une porte ouverte sur une pensée plus libre, sur des sensations décuplées... Toutes ces connotations et ces clichés découlant des années 60 et du mythe du LSD, cette symbolique libertaire du psychédélisme, tout cela m'est étranger. Mon tube à images m'évoque davantage une aliénation (certes volontaire, agréable) au torrent incontrôlable et enivrant du ressenti et de la pensée. Non pas un envol surhumain au-dessus des images mais plutôt un ensevelissement sous leur nombre. De mon point de vue, le psychédélisme ne peut ouvrir aucun oeil. Il n'est bon qu'à satisfaire nos désirs récurrents d'opulence (philosophique ou sensationnelle). Fi donc de Segall, favori de la régence de l'éveil et place à un challenger hors du coup pour, enfin, peut-être, voir l'émergence du réveil !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/G491308.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-3899" title="G491308" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/G491308.jpg" alt="" width="323" height="454" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/cQFjDBFXN58?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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</object><br />
(ou enregistrée, en quatre parties, <a href="http://youtu.be/EhZSHaZgHqQ">1</a>, <a href="http://youtu.be/pbgt8DpawFg">2</a>, <a href="http://youtu.be/VNlTZTybwFg">3</a>, <a href="http://youtu.be/4yDnwAa1v9o">4</a>)<br />
<span style="font-size: x-small;">(Gustav Mahler - </span><em style="font-size: x-small;">Symphonie N°1 - Titan</em><span style="font-size: x-small;">, composée en 1888 et terminée en 1903)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">C'est un parti pris et libre à vous de vous rendormir après tout mais enfin comment incendier son esprit, comment animer la machine de ses méninges si tout est fait à votre place ? Si tout s’emboîte comme il faut, si la musique coule de source, de la même source que le reste en fait, comment engager votre esprit ? Je fais le choix de l'abandon pour ainsi dire de la culture populaire le temps (au moins) d'un matin chômé (il vous faudra du temps cette fois-ci pour ouvrir les yeux !) et vous invite à prendre la mesure d'une musique qui ne vous bousculera pas, ne vous mordra pas le derrière, ne vous remuera pas les pieds et ne vous satisfera pas de manière directe. La Première Symphonie de <strong>Gustav Mahler</strong>, c'est un moment avec l'artiste, lequel inquiète, amuse, prend à parti et gambade avec celui qui saura l'écouter. Ça n'est pas monochrome, ni monomaniaque, ça ne va pas de soi, ça raconte ce que vous y verrez, et ce que vous y verrez ne vous sera pas imposé, ça sera vous-mêmes. Vous l'écouterez d'un bout à l'autre et retour et peut-être y entendrez-vous ce que d'autres avant vous y ont entendu et qui n'existe plus beaucoup dans le dogme populaire, quelque chose d'alarmant, de passionnant, quelque chose de tangible et d'éternel, la puissance d'<strong>un Titan au service de simples mortels</strong>, le plus grandiose son de clairon, le plus merveilleux des réveille-matin que l'on ait pu vous servir ici en trois ans et demi de bonnes et loyales grâces, et aussi le dernier.</p>
<p> Joe Gonzalez</p>
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		<title>Liars &#8211; WIXIW</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jul 2012 08:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vise un peu]]></category>
		<category><![CDATA[2012]]></category>
		<category><![CDATA[electro-pop]]></category>
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		<description><![CDATA[Tremblez, misérables mortels, car rien ne sera plus pareil. Cependant, ne vous attendez pas à un déluge, des immeubles qui s'effondrent, des météorites qui s'écrasent : nous sommes en train de nous éteindre à petit feu, de nous noyer tout gentiment. Durant une année comme celle-ci, alors que la qualité de la pop dans son [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/wixiw-pochette.jpg"><img class="alignleft  wp-image-3880" title="wixiw pochette" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/wixiw-pochette.jpg" alt="" width="280" height="266" /></a>Tremblez, misérables mortels, car rien ne sera plus pareil. Cependant, ne vous attendez pas à un déluge, des immeubles qui s'effondrent, des météorites qui s'écrasent : nous sommes en train de nous éteindre à petit feu, de nous noyer tout gentiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Durant une année comme celle-ci, alors que la qualité de la pop dans son ensemble s'avère particulièrement décevante, on était en droit d'attendre la sortie du nouveau <strong>Liars</strong> comme le messie qui nous donnerait enfin quelque chose de concret, de marquant à nous mettre sous la dent. Voilà une décennie que le trio déconstruit, subvertit, ou fait évoluer la musique indie, pop et consorts, change d'aspect à chaque disque tout en restant reconnaissable entre mille, dans le coup tout en nageant sensiblement à contre-courant.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque l'album a été rendu disponible en streaming, j'ai malgré tout redouté le moment de m'envoyer les premières notes dans les tympans, comme une sorte de mauvais pressentiment entamé par le single <em>No.1 Against The Rush</em>, pas mal mais pas génial, mais j'ai tout de même gardé foi en l'idée que je m'apprêtais à entendre quarante minutes salvatrices qui allaient me tirer de ma torpeur. Allez, il n'y a pas de raison. Je me suis même dit, pour plaisanter : "si le dernier Liars est nul, c'est la fin de la musique !".... Merde.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Image-Liars-Clip-Rush.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3879" title="Image Liars Clip Rush" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Image-Liars-Clip-Rush.jpg" alt="" width="590" height="332" /></a><object data="http://www.youtube.com/v/8xiFjOaKvqw?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="25">
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</object><br />
<span style="font-size: x-small;">(<em>N°1 Against The Rush</em>)</span></p>
<p style="text-align: justify;">À quoi bon jouer dans le titre sur l'année de sortie (WIXIW =&gt; MMXII =&gt; 2012) d'un disque dont le contenu se révèle bien moins apocalyptique, bien moins désespéré, grandiose et destructeur que l'extrême chef d’œuvre "Drums Not Dead" sorti six années plus tôt ? Comment, ou plutôt pourquoi le trio new-yorkais s'est-il ramolli comme ça alors qu'<a href="http://www.cestentendu.com/2010/03/vise-un-peu-liars-sisterworld.html">il y a deux ans à peine</a> il entonnait encore avec fougue un <a href="http://www.cestentendu.com/2010/11/they-live-halloween-cest-mieux-quand-on.html">brulôt post-punk anticonformiste</a> bien plus juste ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ah, quelle Apocalypse, mes aïeux ! Si nous sommes bel et bien rendus à <em>la Fin</em>, alors quelle tristesse qu'un tel groupe s'achève sur ce qui, si la Terre continuait de tourner à la fin de l'année, devrait n'être qu'une parenthèse dans leur discographie tant l'évolution est faible, et trop convenue. Les morceaux ne sont pas mauvais - on y trouve même quelques belles trouvailles mélodiques - mais dans l'ensemble ce dernier chapitre est d'un tel vide ! Que n'ont-ils pas explosés fièrement, en poussant le meilleur de leur style dans un jusqu'au-boutisme sonore, ou encore une véritable auto-révolution avec des couilles plutôt que ce faux renouvellement, ces blips et ces blops, cet espèce de Kid Autechre décidément trop facile qui ne parvient pas, ou bien trop peu, à renouer avec toute la tension, l'effroi, la névrose qui habitent leurs meilleurs titres !</p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/1VeD_KGLqFA?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="25">
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</object><br />
<span style="font-size: x-small;">(<em>Octagon</em>)</span></p>
<p style="text-align: justify;">2012 n'est pas encore finie. À défaut d'être une fin du monde, jusqu'ici c'est au moins un sérieux coup porté à mes illusions et la musique pop (au sens large) a encore, à quelques exceptions près, un long chemin à faire (en essayant de ne pas trop se mordre la queue), et du boulot à abattre pour parvenir à entretenir la flamme qui l'habitait encore il n'y a vraiment pas si longtemps. Car maintenant c'est tout froid, comme cet album, sa pochette, et ses beats gelés, ses synthés glaciaux ou vaguement éthérés, cette "Chilliars-wave" qui ne provoque plus aucune secousse et qui attend, passive, la cryogénie.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez le droit d'avoir encore de l'espoir. Vous avez le droit de croire qu'une main de lumière va venir saisir votre bras englouti dans la mélasse et vous tirer vers le haut. Moi, quand j'entends ça, je n'attends plus rien que le néant. Jusqu'au prochain ?</p>
<p style="text-align: justify;">Matt</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Kevin Drumm &#8211; Imperial Distortion</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jul 2012 07:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lamuya-zimina</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Fallait que ça sorte]]></category>
		<category><![CDATA[2008]]></category>
		<category><![CDATA[drone]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5715324009586261490" class="alignleft" style="margin: 0px 10px 10px 0px; width: 320px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-r7mJKw3Izv0/T1Do59emffI/AAAAAAAABJ8/msnHbB28tJo/s320/kdid.jpg" alt="" width="320" height="320" border="0" /></p>
<div align="justify">À l'extérieur : une photographie verdâtre de déchets, de débris abandonnés, voués à se dégrader sans tout à fait disparaître. À l'intérieur : une vieille photo de tanks et de soldats, flous, en noir et blanc. Gravé sur les disques : le nom d'une journaliste (<strong>Christine Chubbuck</strong>) connue pour s'être suicidée à l'antenne après avoir annoncé "du sang et des tripes" à ses auditeurs… Et le nom de la première piste ? <em>Guillain-Barré</em>, référence au syndrome du même nom, une maladie auto-immune qui provoque une faiblesse et/ou paralysie progressive (et peut se révéler mortelle dans les cas les plus graves). Non, décidément, "Imperial Distortion" de <strong>Kevin Drumm</strong> ne se présente pas comme l'album le plus joyeux du monde.<br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
Et pourtant, on peut aussi le trouver paisible et agréable… J'ai lu le commentaire d'un auditeur qui trouvait l'album relaxant en format CD mais "terrifiant" en format vinyle ; ou peut-être reposant au casque et effrayant sur haut-parleurs, je ne sais plus trop. Quel que soit le mode d'écoute, les deux impressions se justifient à mes oreilles.<img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5715323245564257026" style="border: 0pt none; float: right; margin: 10px 0 10px 10px; cursor: hand; width: 320px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-FKGgfjunkBk/T1DoNfRj4wI/AAAAAAAABJw/F221dQOFOgs/s320/IDKD.jpg" alt="" border="0" /> "Imperial Distortion" est un disque qui joue sur la frontière ténue, tremblante, entre le beau et le sordide. Le son de l'album pourrait s'apparenter à un jeu de lumières à travers des eaux troubles et polluées ; Kevin Drumm fait du beau avec du sale, avec des drones qu'on aurait envie d'écouter fort mais qui atteignent très vite une sorte de saturation quand on pousse le volume — pas le genre de son "noble" que l'on aimerait travailler et écouter à priori… Et pourtant, de la même manière que les immondices sur la pochette prennent une qualité évocatrice (erreurs humaines qui perdurent au fil du temps ? vestiges de peu de valeur d'une civilisation bientôt en déclin ?) et même esthétique quand on les considère de manière abstraite, les sons de l'album émeuvent d'une manière inattendue et se révèlent non seulement marquants mais attirants.</div>
<div align="center"><iframe src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F16087195&amp;auto_play=false&amp;show_artwork=false&amp;color=cccccc" frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166"></iframe></div>
<div align="justify">Il y a (au moins) deux manières d'écouter "Imperial Distortion" : soit en faisant le vide dans sa tête et en laissant les sons nous infiltrer, soit en essayant d'imaginer, d'interpréter ces sons et compositions abstraites. Je ne vous cacherai pas que j'ai tendance à préférer la première (l'album s'y prête tout particulièrement), mais au fil des écoutes, ces pistes qui peuvent sembler toutes similaires au départ finissent par évoquer de plus en plus d'images différentes, et les deux écoutes se confondent…<br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
Le disque démarre — sur <em>Guillain-Barre</em>, donc — par un son métallique, lo-fi et lointain, comme engourdi ou diffusé à travers des hauts-parleurs dans un local. Un son qui pourrait aussi rappeler des cloches qui sonnent le glas. Des drones entrent en résonance lente et se mettent à envelopper l'auditeur, toujours en basse fidélité, avec une certaine pesanteur qui ne quitte jamais le disque ; toujours avec ces jeux d'opacité et de luminosité, une progression lente mais perceptible, un son épais, abstrait, qu'on peut trouver évocateur ou siphonneur d'âme… <img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5715428049949283602" style="border: 0pt none; float: right; margin: 10px 0 10px 10px; cursor: hand; width: 320px; height: 228px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-ezIbh-vmk-I/T1FHh6CH1RI/AAAAAAAABKU/32eBDJWzqgM/s320/bloodandguts.jpg" alt="" border="0" />Suit <em>More Blood and Guts</em> : vingt minutes d'illuminations diverses, parfois presque discrètes, parfois incroyablement paisibles ou lumineuses, c'est de loin la piste la moins glauque de l'album (et aussi ma préférée). Puis le diptyque <em>Snow</em> : la première piste, qui frissonne et semble plonger l'auditeur dans des abysses boueuses dont il ne peut se dépêtrer, a de quoi mettre mal à l'aise. La seconde semble nous placer à l'extérieur, dans un paysage nu, recouvert de neige avec rien à l'horizon — avant que n'arrive une drôle de résonance, de lueur étrange qui plonge dans un état second… <em>Romantic Sores</em> semble faire entendre des mélodies passées de manière très discrète, comme des photos et mémoires presque effacées dont ne subsiste qu'une trace ; une profonde mélancolie émane de la fin de cette piste. Enfin, <em>We All Get It in the End</em> semble démarrer sur une note positive, presque d'élation, avant de prendre le virage le plus lugubre du disque. … Et puis (mais je ne devrais peut-être pas vous le dire ?) il y a le final. On aurait pu s'attendre à un long fondu, comme sur n'importe quel album du genre, mais Kevin Drumm décide de donner sens au titre de la piste en mettant fin à "Imperial Distortion" de manière brutale et sanglante — une fin très simple en soi, mais parfaite, qui achève de faire d'"Imperial Distortion" un grand disque. (Et évite toute classification possible dans l'<em>ambient</em> par la même occasion.)<br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
<img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5715325313582448658" style="border: 0pt none; float: left; margin: 0 10px 10px 0; cursor: hand; width: 286px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-5si_DOxxaFM/T1DqF3PhQBI/AAAAAAAABKI/I5sxko49hsg/s320/kevindrumm.jpg" alt="" border="0" />Ce long album (deux CDs, trois vinyles) est certes long à avaler en une fois ; mais cette amplitude est nécessaire pour pouvoir se perdre, seul(e) avec soi-même, dans les grands espaces de ce terrain vague. Un peu comme on se voit aspiré dans les profondeurs du splendide <a href="http://www.cestentendu.com/2011/01/nuit-blanche-nurse-with-wound-soliloquy.html">"Soliloquy for Lilith" de <strong>Nurse With Wound</strong></a> (autre grand album minimaliste divisé en six longues pistes, qui envoûtent autant qu'elles mettent mal à l'aise) ; d'autres critiques ont fait des rapprochements avec les <a href="http://www.cestentendu.com/2011/07/tip-top-atmospheres-concepts-et-univers.html">"Selected Ambient Works, vol.II" d'<strong>Aphex Twin</strong></a> et la "Trilogie de la Mort" d'<strong>Éliane Radigue</strong>, ce qui se justifie aussi.<br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
Tout en ambiguités et en suggestions, "Imperial Distortion" évoque les derniers sons que l'on entendra quand on aura tout perdu, les gémissements d'un monde qui court à sa fin inéluctable… ou peut-être tout simplement un moment de solitude et de malaise (ou autre chose encore, selon votre sensibilité). Dans tous les cas, c'est un album à écouter si vous aimez le genre. Et n'hésitez pas à explorer le reste de sa discographie : <a href="http://www.cestentendu.com/tag/kevin-drumm">Kevin Drumm</a> est un artiste extrêmement talentueux.<br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
— lamuya-zimina<br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
<span style="color: #ffffff;">&gt;&gt;</span><br />
<img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5715430144629584594" style="border: 0pt none; float: right; margin: 0 0 10px 10px; cursor: hand; width: 200px; height: 178px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-JlpyT8ajJTI/T1FJb1U0stI/AAAAAAAABKg/U3vwnsulfL4/s200/kevin-drumm-imperial-horizon-hospital.jpg" alt="" border="0" /><span style="font-size: x-small;">P.S. : D'ailleurs j'ai l'impression que cette critique ne serait pas complète si je ne mentionnais pas "Imperial Horizon", album parent d'"Imperial Distortion" qui reprend la même esthétique sur une piste d'une heure intitulée <em>Just Lay Down and Forget It</em> ; à la fois très proche et beaucoup moins sombre (la pochette, encore une fois significative, montre un soleil flamboyant qui éclaire les arbres et les feuilles d'un cimetière), cette composition complémentaire peut tout à fait s'écouter par un bel après-midi d'été. Si on veut se vider le crâne.</span></div>
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		<title>Aujourd&#8217;hui, E. va mieux&#8230; et c&#8217;est tant pis.</title>
		<link>http://www.cestentendu.com/2012/07/aujourdhui-e-va-mieux-et-cest-tant-pis.html</link>
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		<pubDate>Mon, 16 Jul 2012 08:04:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emilie B.</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alors quoi]]></category>
		<category><![CDATA[1998]]></category>
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		<category><![CDATA[eels]]></category>
		<category><![CDATA[interlude]]></category>
		<category><![CDATA[que reste-t-il de nos amours?]]></category>

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		<description><![CDATA[2005, j'ai 16 ans. A l'heure où l'Internet n'est pas encore installé dans toutes les chaumières, je découvre quelques morceaux d'un certain groupe dénommé EELS, sur des bandes originales de films. A la Noël, j'offre alors "Electro shock blues" à ma soeur qui aime aussi, mais je le lui pique en douce tellement je suis [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">2005, j'ai 16 ans. A l'heure où l'Internet n'est pas encore installé dans toutes les chaumières, je découvre quelques morceaux d'un certain groupe dénommé <a href="http://www.cestentendu.com/2010/09/grasse-mat-eels-saturday-morning.html"><strong>EELS</strong></a>, sur des bandes originales de films. A la Noël, j'offre alors "Electro shock blues" à ma soeur qui aime aussi, mais je le lui pique en douce tellement je suis séduite dès la première écoute. Je découvre ensuite que le chanteur, Mr E., a perdu presque toute sa famille successivement : suicide, cancer et crise cardiaque. Il le mentionne souvent dans ses textes et cela renforce la dimension mélancolique et torturée de ses morceaux. Charmée par ce contraste entre la voix rauque et abimée de E. chantant la mort et sa musique toute légère, délicate et pleine de petits choeurs aériens, j'en redemande, je veux encore !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Eels-electro-shock-Blues.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3868" title="Eels-electro-shock-Blues" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/Eels-electro-shock-Blues-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
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</object><br />
<span style="font-size: x-small;">(<em>Elizabeth on the Bathroom Floor</em>)</span></p>
<p style="text-align: justify;">C'est lors d'une sortie shopping à la fnac de Chartres, la "grande ville" la plus proche de chez moi, que je tombe sur "Blinking Lights &amp; Other Revelations". D'emblée, l'artwork me plait beaucoup, et puis comme j'achète très peu de disques, j'essaie de rentabiliser : 20€ pour 2 CDs de 16 morceaux chacun ça me semble un bon rapport qualité prix. Aux premières écoutes, je repère les gros tubes pour ensuite me les passer en boucle... Mais les années passant...</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/blinkings-lights.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3865" title="blinkings lights" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/blinkings-lights-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><br />
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</object><br />
<span style="font-size: x-small;">(<em>Last Days of my Bitter Heart</em>)</span></p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis rendu compte que <strong>les interludes</strong> me plaisaient d'autant plus. Quelques pistes seulement, une stucture minimaliste, cette dimension est mille fois plus poétique, plus intéressante, plus touchante que les morceaux pop. Je ne me rendais pas bien compte de l'effet que produisaient sur moi ces disques mais je devais plus tard faire le constat qu'ils allaient éveiller en moi une foi musicale.</p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/OiVlk1PMrhE?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="25">
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</object><br />
<span style="font-size: x-small;">(<em>Dusk : A Peach in the Orchard</em>)</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/art-is-guaranty.jpg"><img class="alignright  wp-image-3864" title="art is guaranty" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/art-is-guaranty-233x300.jpg" alt="" width="186" height="240" /></a>2011: Cela fait un certain temps que je fantasme à l'idée de voir mon idole sur scène. Je sais que les places partent vite et que la salle risque d'être comble. Il y fait très chaud et tout le monde semble très enthousiaste... Et puis le concert commence.</p>
<p style="text-align: justify;">Soudain, la relation intime et exclusive que j'avais jusque là établie avec Mark Oliver Everett s'est vue comme anéantie par tout ce public plein de bons sentiments et d'entrain. Fans des succès du groupe, ils tapaient dans leurs mains chaque fois que possible. Bien sûr je pressentais cette situation mais je ne pensais pas être aussi déçue. Les musiciens sur scène, beaucoup trop nombreux, et les doux morceaux aux pistes claires bien détachées les unes des autres dans la salle formaient alors <strong>un brouaha compact et étouffant</strong>. Les morceaux auquels je trouvais depuis des années une singularité poétique et une certaine bizarrerie de génie étaient interprétés de manière tout à fait banale, <strong>baignés dans un jus d'instruments à vent</strong>. Un moment de franche rigolade pour ce EELS d'aujourd'hui, cette bande de gais lurons barbus mais pour moi c'était l'extinction de cette musique qui m'avait tant faite vibrer.</p>
<p style="text-align: justify;">J'ai depuis ce jour enterré la sombritude de Mark Oliver Everett et entamé le deuil de sa mélancolie.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/eels78.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3867" title="eels78" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/eels78.jpg" alt="" width="310" height="303" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">J'ai le sentiment étrange de lui en vouloir d'être heureux et de gâcher ainsi son oeuvre musicale. Mais ne serait-ce pas là une suite logique ? S'il n'avait pas su soigner sa déprime, ne serait il pas mort aujourd'hui ? Alors, mort de l'artiste ou mort de sa peine ? L'actualité de EELS n'a plus grand intérêt pour moi. Il faut accepter que les choses changent malgré tout, avec les risques encourus et ne pas espérer mais bel et bien passer à autre chose, il y a un temps pour tout. L'art a une fin et c'est ce qui fait toute sa vérité et son authenticité.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Emilie B.</p>
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		<title>Vidéodimanche #86</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jul 2012 11:18:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joe Gonzalez</dc:creator>
				<category><![CDATA[A l'affiche]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[2012]]></category>
		<category><![CDATA[vidéodimanche]]></category>

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		<description><![CDATA[par Joe Gonzalez art par Jarvis Glasses &#160; Les vendeurs de rêve(s) sont à l’œuvre quotidiennement. Après tout, les vidéoclips ne sont qu'une forme de publicité pour la chanson qu'ils illustrent, pour l'album qu'ils annoncent ou tout simplement pour la star, le musicien, l'artiste qui y apparait plus beau, mieux vendu que jamais. Rien alors [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5544604223933361026" class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_S3-pcq4X-sA/TPJkKkOtq4I/AAAAAAAAAGg/3UXDbHdrTR4/s400/videodimanche.jpg" alt="" width="400" height="196" border="0" /></p>
<p style="text-align: right;"><em>par Joe Gonzalez</em><br />
<em>art par Jarvis Glasses</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Les vendeurs de rêve(s) sont à l’œuvre quotidiennement. Après tout, les vidéoclips ne sont qu'une forme de publicité pour la chanson qu'ils illustrent, pour l'album qu'ils annoncent ou tout simplement pour la star, le musicien, l'artiste qui y apparait plus beau, mieux vendu que jamais. Rien alors d'étonnant à y voir apparaitre sans cesse les fantasmes nés de leurs égos, à les y voir baignés de la lumière convenant le mieux à ce profil qui les fait reluire, à les y voir grimés en surhommes et à les y voir évoluer dans les paysages fantasmatiques ou les décors rêvés correspondant le mieux à leurs personnages profonds. Cela vaut mieux, d'ailleurs, que d'observer sans passion les images éthérées des chimères sans consistance de ceux parmi nos musiciens qui n'ont pas, enfin, de rêve ; de véritables cauchemars mollassons et médiocres ne les mettant jamais en scène, une plaie ! Louons donc les Matthew Dear et autres Charli XCX qui, comme Blur de son vivant, savent user du medium à bon escient et se faire publicité comme il se doit : par voie de mise en scène imaginative. Ceux-là savent nous faire fantasmer, encore un peu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/l7GB8IJs6ic?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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<strong>Matthew Dear</strong> - <em>Her Fantasy</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(rêves d'un circuit électronique légèrement testostéroné)</span></p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/idHawp3cYSc?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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<strong>Io Echo</strong> - <em>When the Lillies Die</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(pop fantasmatique)</span></p>
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<strong>Charli XCX</strong> - <em>You're the One</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(affiches synthétiques de soi)</span></p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/c1Uw1uD6lXs?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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<strong>Blur</strong> - <em>Under the Westway</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(vouloir y croire encore)</span></p>
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</object><br />
<strong>Múm</strong> - <em>Hvernig Á Að Særa Vini Sína</em><br />
<span style="font-size: x-small;">(misanthroperte d'essence physique)</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>[Un Artiste] Quentin Dupieux : cet étrange Oizo</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jul 2012 09:08:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Masure</dc:creator>
				<category><![CDATA[A l'affiche]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[2012]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[mr oizo]]></category>
		<category><![CDATA[quentin dupieux]]></category>
		<category><![CDATA[wrong]]></category>

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		<description><![CDATA[L’un est DJ et éparpille son électro pêchue dans les boites branchouilles de Paris à New-York. L’autre est réalisateur et donne un ton parfois neuf et innovant au paysage cinématographique français. Sorte de Docteur Jeckyll et Mister Hyde, Quentin "Mr Oizo" Dupieux est avant tout un créateur de formes atypiques, tantôt trop hypes, tantôt carrément surprenantes. "Wrong", son dernier [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/wrong_poster_scaledown_4501.jpg"><img class="alignleft" title="wrong_poster_scaledown_450" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/wrong_poster_scaledown_4501.jpg" alt="" width="320" height="479" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’un est DJ et éparpille son électro pêchue dans les boites branchouilles de Paris à New-York. L’autre est réalisateur et donne un ton parfois neuf et innovant au paysage cinématographique français. Sorte de Docteur Jeckyll et Mister Hyde, Quentin "Mr Oizo" Dupieux est avant tout un créateur de formes atypiques, tantôt <em>trop hypes</em>, tantôt carrément surprenantes. "Wrong", son dernier film, raconte l’histoire d’un homme à la recherche de son chien. Dans la niche de celui-ci gît <strong>Flat Eric</strong>, la peluche du premier succès du cinéaste-musicien. Au générique du début de Wrong s’inscrit "Music by Mr Oizo", l’instant d’après "A film by Quentin Dupieux". Tout est là, dévoilé en quelques secondes : un être à la fois artistiquement ambidextre et identitairement bipolaire.<span style="text-align: center;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;">Les personnages de Quentin Dupieux cultivent ce qui ressemble, de prime abord, à de l’absurde. Le pneu de "Rubber", par exemple, est un être étrange qui est à la fois inerte et pourtant constamment en mouvement. Une sorte de mouvement perpétuel, un rond, qui n’a ni début ni fin, ni tête ni pied. Quoi de plus inoffensif qu’un pneu ? Celui-là, pourtant, est assassin et répond à une nouvelle logique, non-traditionnelle. Son apparence est en contradiction avec son comportement.</p>
<p style="text-align: center;"><object data="http://www.youtube.com/v/gxU5QJ9men8?version=3&rel=0&fs=1&showinfo=0" type="application/x-shockwave-flash" width="604" height="370">
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</object><br />
<span style="font-size: x-small;">Flat Eric dans la vidéo promo de "Stade 3", dernier EP de Mr oizo, joue aux échecs avec William Fichtner, présent dans "Wrong".</span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans "Wrong", Dolph (Jack Plotnick) s’inscrit, lui aussi, dans cette absurdité. A l’image de cette première scène, hilarante où il apprend que son chien a disparu. Egaré et triste, il va relever son courrier. Il y découvre deux choses : une lettre, sans adresse, ainsi qu’un flyer pour une pizzeria qui livre à domicile. Etonnamment, il est intrigué par le flyer, et appelle la pizzeria (il n’ouvrira jamais la lettre). L’on découvre alors un personnage beaucoup plus complexe, dépressif, qui vient de tiquer sur le logo de la pizzeria : un lièvre sur une moto. Il demande : « Pourquoi une moto si le lièvre représente déjà la vitesse ? »</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui intéresse Dupieux, c’est précisément la symbolique des choses, comme ce « lièvre sur une moto ». La question vaut aussi pour ses autres films : « pourquoi un pneu ? » « Qui sont ces shivers » dans "Steak" ? Mais une symbolique double, celle de l’apparence et celle du sens. Comme pour cette autre scène réussie dans la pièce où travaille Dolph, alors qu’il est licencié. Dans la pièce, une pluie ininterrompue s’abat sur les bureaux des employés. Deux choses sont à voir : l’aspect comique, où le travail devient un effort gêné, presque impossible, où l’eau mouille le papier ; ensuite, l’aspect symbolique, où cette pluie représente une espèce de monotonie dépressive, les goutes d’eau offrant un son monocorde, figurant la répétition vaine par excellence.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/WRONG_DIRECTORHEADSHOT_QUENTINDUPIEUX.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-3843" title="WRONG_DIRECTORHEADSHOT_QUENTINDUPIEUX" src="http://www.cestentendu.com/wp-content/uploads/WRONG_DIRECTORHEADSHOT_QUENTINDUPIEUX.jpg" alt="" width="336" height="480" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Surgit alors l’impression que Dupieux transpose sa condition dans ses films, comme s’il était, à l’instar de ses personnages et de son monde filmique, un être fait de dualité. Comme si lui-même était une superposition de symbole, un musicien hype et un réalisateur atypique, souvent plus intéressant que de nombreux « auteurs » auto-proclamés. N’est-il pas lui aussi un « lièvre sur une moto », une accumulation de symboles qui se complètent (il fait la musique de ses films) et se contredisent (il est hype et original). Il faut regarder ses films comme l’on appréhende sa personnalité : complexe et dont les étiquettes, avec lesquelles il s’amuse, ne définissent jamais ce qu’il est. Voilà peut-être le talent de cet artiste, être à la fois le bourreau provocateur et la victime hilare de sa propre mise en avant médiatique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Julien Masure</p>
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