Lundi 2 juillet 2012
[Vise un peu] The Mars Volta – Noctourniquet
Publié à 9h37 | pas de commentaires
“Frances the Mute” reste à ce jour le plus fort coup de foudre que j'ai jamais eu en écoutant de la musique. Voilà, c'est dit. Le jour où j'ai entendu cette explosion sur Cygnus… Vismund Cygnus pour la première fois, jusqu'aux dernières notes de la fantastique chanson-fleuve Cassandra Gemini, j'ai même eu du mal à comprendre pourquoi The Mars Volta divisait tant les amateurs de rock à l'époque ! Je n'avais tout simplement jamais entendu quoi que ce soit d'aussi immédiat et puissant, d'aussi éblouissant, d'aussi étourdissant. (Je n'ai jamais compris non plus pourquoi tant de gens décriaient le prog rock en général, d'ailleurs… mais c'est une autre histoire.)>>
Les albums suivants me demandèrent certes un peu plus d'écoutes pour être appréciés, mais je finis par les adorer aussi : “Amputechture” et “The Bedlam in Goliath” restent à mes oreilles d'excellents albums, très nettement au-dessus de la grande majorité de ce qui se fait en rock actuellement. Et puis le temps passa, je me mis à écouter des choses différentes et à délaisser un peu Omar et Cedric—pas par désamour, mais simplement parce que j'avais envie d'écouter autre chose. Puis il y eut “Octahedron”… et ce fut la débandade entre les deux frisés et moi.
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L'écoute de cet album ne me procura que déception, vague lassitude et envie de passer à autre chose ; toute la passion qui animait les disques précédents semblait évanouie. Les Mars Volta ne furent pas les premiers à me faire le coup : on s'est tous retrouvés face à des disques qui tournent presque à vide, en pilotage automatique, coupables de ne présenter que le “son moyen” d'artistes qui, auparavant, se renouvellaient à chaque album. Ce genre d'album peut se révéler simplement médiocre, tout au mieux “pas mal sans plus”—mais dans le cas d'“Octahedron”, cette perte d'inspiration et d'énergie était franchement inacceptable. J'ai tenté trois ou quatre fois d'écouter et d'apprécier ce disque ; à chaque fois, j'ai arrêté avant la fin.
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Je reléguai donc The Mars Volta au placard pendant quelques années (me repassant juste “Amputechture” de temps en temps). Quand j'appris que l'un de mes anciens groupes préférés se préparait à sortir un nouvel album, l'envie me revint ; je retentai une dernière fois “Octahedron”, toujours la même déconfiture mais tant pis, je restais disposé à leur redonner une chance. Et là… les choses se compliquent un peu.
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(Dyslexicon)
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Au début, “Noctourniquet” m'a fait un effet très fort : ses mélodies extrêmement accrocheuses accentuées d'une pointe d'étrangeté (la dissonance et le côté glitch de The Whip Hand, par exemple) ont quelque chose de très séducteur. Toutes les pistes ne sont pas réussies (les lentes Empty Vessels Make the Loudest Sound ou Imago par exemple n'ont rien d'exceptionnel, et s'accomodent même mal du son “pyrotechnique” du groupe), mais quand Omar, Cedric et leurs compagnons y mettent du leur, ils font mouche ! “Noctourniquet” reprend avec verve le son classique du groupe en le transposant dans des pistes au format plus court, aux structures plus immédiates, avec une importance particulière apportée aux mélodies et aux refrains. En bref, c'est “l'album pop” de The Mars Volta. Pas dans le son, qui reste mars-voltaïque en diable (style toujours extravagant, paroles toujours cryptiques jusqu'au ridicule), mais dans les structures. Et, la plupart du temps, ça marche.>>
(Lapochka)
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La flamme était donc revenue—mais voilà : après plusieurs écoutes compulsives sur deux ou trois jours, je fus victime d'une overdose. Les mélodies ne quittaient plus ma tête et je finis par saturer. Je laissai donc de nouveau le groupe de côté, pendant quelques semaines, et il me fallut bien deux mois pour juger cet album à peu près correctement… Aujourd'hui, après ces retrouvailles un peu tumultueuses, je pense ne pas me tromper en disant que “Noctourniquet” est un bon album, qui me redonne foi en The Mars Volta même s'il n'atteint pas le niveau de “Frances the Mute”, “Amputechture” et “The Bedlam in Goliath”. Intense, extravagant et immédiat, peut-être même un peu trop, imparfait mais largement assez bon pour rabibocher les déçus du précédent.
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La version album dure 4:44 (format pop, donc)…
mais la version live d'un quart d'heure n'est pas mal non plus !
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— lamuya-zimina


















