Mardi 24 juillet 2012

[Alors quoi] Mort d’un Commis Populaire

Publié à 5h29 | 40 commentaires

Or quel bien est-ce de se ressasser tant et tant
Quand si peu de souvenirs méritent nos sentiments...
Que vivre encore ? De neuf... de fort !

Paul-Emile Geoffroy

1. L'éphémère caractère du divertissement populaire

"Rien n'est éternel" pourrait être une maxime à la pop culture, un hymne. Rien en effet n'est réellement pérenne dans l'art et la distraction populaires qui sont, par essence, d'éternels recommencements. Le propre du divertissement est de suivre le diktat des temps et des nouvelles jeunesses, de naturellement s'adapter à chaque innovation, à chaque génération, de baigner, littéralement, dans l'air du temps. Ainsi vont les modes, les mouvements et même, les philosophies. Ainsi sont allés, des décennies durant, les airs populaires, les contes et légendes, sans cesse remis au goût du jour depuis que la mémoire est archivable. Ainsi se sont succédé styles, stars, histoires, genres et intrigues qui sans barrière ni digue ont englouti toujours plus avant la terre des possibles amusements, des spectacles toujours plus innovants.

Depuis le jazz, à travers radio et disques, par-delà rock'n roll et télévision, jusqu'à notre toile et nos pop attractions, des décennies se sont succédé avec leurs lots de nouvelles têtes, de nouvelles dégaines, de nouveaux sons et jusqu'à la lie, nous l'avons bue, cette musique pop transformiste, pleine de promesses car sans cesse neuve, jamais éternelle, jamais lassante... Jusqu'à ce que... ça soit terminé.

(KO après 56 rounds et des poussières)

"Rien n'est éternel" et elle non plus, la musique qui nous faisait vivre, nous autres fondus, branchés et monomaniaques. Qui l'eût crue increvable, après tout ? Je redoutais la page blanche depuis des années, espérant un répit de plus, encore un, fouillant sans relâche les vieux tiroirs poussiéreux à la recherche de pistes, à la recherche d'un espoir pour la suite que je sentais chancelante, à la recherche déjà du neuf qui ne me semblait plus disposé à bondir. C'est Entendu s'est entre autres choses bâti sur une volonté de trouver dans le passé autant que dans le présent des voies vers l'avenir, vers un mouvement qui se faisait dès 2009 (et même avant) plus chaotique que jamais. Nous avons fait de notre mieux et abandonnons par knock out. La pop est à terre et aucune de nos éponges humides ne sauraient la ranimer.

 

2. Une année sans lumière

2011 fut une année difficile, de l'avis de nombreux aficionados déçus. Des battues furent organisées par les meilleurs des pisteurs d'alors pour dénicher bonnes surprises, pépites et quelques rares disques aussi réussis qu'anachroniques. Ce devaient être les derniers. Les experts sont unanimes, les signes ne trompent pas ; dès les premières semaines de 2012, après le calme habituel des vacances au ski, les classements annuels et les rémissions subséquentes aux crises de foie qui en découlent, la recherche du moderne recommença, l'envie de sons reprit ses droits... en vain. Huit mois plus tard, les chercheurs de jeunes talents sont rentrés bredouilles, les espoirs ont déçu, les victoires attendues se sont révélées des désastres et même, quelques éclaireurs hardis ont déserté. Pour le défricheur lambda de musiques populaires et même savantes ou enhardies, c'est une bérézina écrasante, le désespoir le plus total.

(Orphée aux Enfers, en fin de compte)

Ça n'est pas seulement un appétit trop grand, insatiable, se voyant enfin désenchanté entièrement par trop de snobisme, d'expérience, de cynisme accumulés, c'est un fait. Les musiciens en qui nous croyions nous ont lâchés et cela ne devrait nous poser aucun problème dans la mesure où l'ordre des choses aurait dû les remplacer. Or non. Les jeunes pousses, je parle des rares artistes et musiciens de la jeune génération qui ont une once de talent (ils sont si nombreux à bourgeonner pour la seule raison qu'ils le peuvent !), n'ont pour la plupart rien trouvé de mieux que de planter d'immuables racines en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le dire, l'imaginer. Ce qui avait demandé à leurs ainés des années de maitrise, eux le pratiquent dès la naissance : ils ne sont pas auteurs de trois singles que déjà ils s'enferment dans une méthode, une formule, une niche de confort depuis laquelle jamais ils n'auront à draguer alentour. Contentés par leur artisanat et contempteurs de leur temps et de leur art, ils s'adonnent sans honte à la médiocrité quotidienne. Leurs chansons, leurs looks, les noms dont ils s'affublent, leurs clips, leurs concerts, leurs discours sont polis, policés, dans une norme post-tout apte à satisfaire tout le monde un peu et personne vraiment. Il n'est pas étonnant qu'une telle époque voie pour la première fois les vieilleries dépasser les ventes des nouveautés.

Cette affligeante série de mois sans brillance, nous nous y sommes résolus, n'aura enfanté aucun chef d’œuvre éternel et une poignée seulement de sources d'espérance. Des disques que l'on se laisserait volontiers aller à placer sur l'immérité piédestal où les pousseraient leurs pauvres pauvres camarades. Certains ont eu droit ici à quelques mots, accompagnant d'un sourire bienveillant un "peu d'ambition" déjà énorme et une qualité artisanale au-dessus de la basse moyenne actuelle : Chairlift, Ty Segall, Witxes, Damon Albarn, iamwhoami, Dominique A... D'autres ne sont pas passé loin de nos colonnes, qui nous auront moins enthousiasmés malgré quelque talent : Julia Holter, Grimes, Oren Ambarchi, Micachu & the Shapes et même le Brian Jonestown Massacre (preuve supplémentaire de nostalgie par défaut). Rares auront été les réussites dignes, sans conteste, de l'honneur du top album de Décembre. Shackleton, peut-être, et Swans avec un double album live et un double album studio terriblement puissants... Les Dirty Projectors, certes inégaux comme de coutume mais encore une fois en avance sur les autres. Frank Ocean sans doute, le seul auteur/compositeur véritablement doué et prometteur de sa génération, une véritable star et pas un ersatz d'indie kid attardé, un jeune homme expressif dénotant parmi les papys de 25 balais qui constituent la masse des musiciens américains, anglais, français de l'indisphère, et un bien plus sérieux candidat que son ami Tyler.


Frank Ocean - Pyramids

Tout au plus une dizaine de disques éparpillés dans l'océan de publications plus insipides les unes que les autres (et ce, quel que soit leur style - des grésillements hululés de Passion Pit au post-dubstep creux de Purity Ring en passant par les prêts-à-stader de Beach House) et combien de grands ? Combien de cette poignée écouterons-nous encore dans dix ans ? Dans un an ? Aucun mouvement, aucune coordination de style ou de pensée, aucune ambition, ni style ni respect ni charme, aucun espoir. Faute de terre à défricher, faute d'aventure, peut-être, la moribonde s'est étalée et ses rejetons la foulent du pied, la recouvrent de brindilles et y mettent le feu chaque jour qui passe. Le désœuvrement sera finalement venu à bout de l'art.

 

 

3. Définition d'un Sourd

Aux critiques qui pourraient nous être adressées encore de snobisme, de goûtisme, et aux reproches que l'on pourrait nous faire d'intellectualiser à outrance ce qui ne devrait rester qu'un engouement physique ou une histoire de goûts, justement, nous aurons fort à répondre. Un sourd est celui qui, sous couvert de simplicité et d’imbécillité au regard d'un art (celui de la Musique) se rend lui-même indifférent à l'anémie de cet art, à la médiocrité, à l'absence, pour ne conserver de cette entité qu'un profit personnel égoïste, dramatiquement limité et furieusement réducteur, quel que soit le prix de cette tant désirée réduction au plaisir individuel.


Low - When I Go Deaf

Loin de nous l'idée de rester muets face à des sourds ou d'absoudre comme tant d'autres par le silence ou le mensonge l'enthousiasme de ces sourds, bourreaux d'un art, pour ce qui n'est plus enthousiasmant depuis longtemps.

C'est Entendu a été, plus de trois ans durant, notre façon d'élever la voix contre l'insuffisance d'une proposition artistique et l'inacceptable approbation de la masse sourde.

Nous savions qu'en privant un art de son mouvement, en refusant de le laisser penser, en confortant ses acteurs dans l'idée d'un confort immobile, d'une impossible révolution, les sourds finiraient par l'asphyxier ; c'est pourquoi nous avons par tous nos moyens poussé la musique populaire jusque dans ses retranchements, vers ses frontières, espérant l'y voir se transcender, glorifiant ses acteurs les plus passionnés, les moins soumis, évitant soigneusement les collaborateurs d'une fin annoncée par trop de morale ou les clouant au pilori. Nous essayions de faire voir plus clair à nos lecteurs dans la masse, de pointer du doigt les artistes méritant l’opprobre et de féliciter les quelques résistants dont les vues n'étaient pas qu’égoïstes et dont les œuvres interrogeaient, intriguaient, éveillaient.


The Watts Prophets - Wake up, Niggers

Nous ne nous excuserons jamais d'avoir cherché à éveiller la pensée individuelle chez nos lecteurs, autant que chez nous-mêmes, au détriment du confort individuel prôné partout.

 

 

4. Mort d'un commis populaire, à l'orée de l'Apocalypse

Il nous a pourtant semblé ces dernières semaines réaliser que la surdité triomphait, que la musique populaire avait atteint un stade de rigidité post-mortem tel qu'il n'était plus nécessaire de peiner encore à y chercher un remède ou un quelconque espoir.


Lou Reed - Vanishing Act

Après tout, C'est Entendu n'a jamais été conçu autrement que comme un medium (le magazine) lui-même voué à une fin. "Rien n'est éternel" et comme tout bon magazine qui se respecte, C'est Entendu avait été pensé éphémère, sa durée de vie implicitement liée à celle des phénomènes et des sujets qui chaque jour y étaient décortiqués.

Au cours des huit derniers mois, la débandade s'était d'ailleurs faite sentir ailleurs et surtout chez ceux de nos confrères qu'un an auparavant encore, nous considérions comme les meilleurs en activité. Le webzine anglais The Quietus, une référence jusqu'alors en matière d'intellectualisation de la pop, n'est pas le seul à avoir ralenti le rythme de ses articles éditorialistes. The Drone, qui se voulait jusque-là le numéro 1 de l'interview de musiciens ayant quelque chose à dire et dont le contenu éditorial était majoritairement consacré à la musique, semble aujourd'hui tout sauf spécialisé : on y voit paraître des articles sur des phénomènes internet, des commentaires d'actualité, des rubriques tout sauf intellectuelles et surtout on y trouve de moins en moins d'interviews, faute de candidats sans doute...

On a l'impression que les meilleurs magazines musicaux de l'an dernier... s'ennuient depuis janvier. Et C'est Entendu n'est pas en reste ! Ma réaction fut de parler d'autre chose. A tort peut-être, par désœuvrement, par ennui et par envie de trouver ailleurs le contenu, la polémique, l'effervescence qui n'étaient plus là où je les cherchais auparavant. En huit mois, je n'ai plus assisté qu'à un nombre très limité de concerts, toujours plus "sympas", jamais fantastiques ; aucun disque ne m'a fait voir Dieu, pas même un peu et souvent mes attentes enthousiasmées se sont retrouvées déçues. Si peu de musiciens me paraissent encore vraiment croire en la Musique et tant d'auditeurs, de critiques et d'amateurs m'ont confié ressentir un abandon que je comprends tout à fait The Quietus, The Drone et quelques confrères de s'intéresser à autre chose. Même si je ne partage pas leurs nouveaux centres d'intérêts (je ne lis pratiquement plus ni l'un ni l'autre de ces sites qui étaient l'an dernier tout en haut de mes favoris). Je préfère les voir ainsi obliquer que de vainement s'accrocher comme Pitchfork ou surtout Stereogum à faire l'inventaire de l'actualité de la musique pop, sans réel esprit critique d'ensemble, comme une presse mort-vivante, se nourrissant de la matière livide que l'enthousiasme général leur fournit. Car je l'ai dit, de l'enthousiasme, il y en a énormément, et partout. Les Disquaire/Record Store Day fonctionnent (la dernière édition parisienne a marché du tonnerre), la vente de vinyles est bien repartie, les radio-télé-concert-crochets perdurent, les branchés ramollos s'échangent tout un tas de disques indés plus mous les uns que les autres, les branchés intellos écoutent une avant-garde plus ennuyeuse qu'enrichissante, les autres se contentent des mises à jour périodiques de plus en plus épurées de leurs valeurs sures (on attendait tous le Liars amputé qui nous aura fait défaut).

Cet enthousiasme-là est pourtant bien superficiel en cela qu'il est celui des sourds et seulement le leur. Les véritables passionnés désespèrent d'entendre enfin les disques dont ils ont besoin et dont l'art musical lui-même ne peut se passer pour survivre. Une époque si bourgeonnante, présentant une telle explosion de la production indépendante (censée garantir un soulier d'avance sur le supposé mainstream, gage de qualité), une telle ardeur de la masse des auditeurs, voici qui devrait enchanter le passionné et qui plus est le critique. Pourtant, ce qui un temps s'est voulu communauté de blogueurs et zineurs (sic) unie n'existe plus et on en arrive à recevoir des coups de téléphone inopinés de la part de ces boites de promotion que, fut un temps, nous harcelions pour des disques, et à l'autre bout du fil une voix frêle vous demande poliment si vous avez bien reçu un e-mail promotionnel pour un autre de ces innombrables groupes interchangeables, insipides avatars dont l'apparence (pochettes, clips, patronyme) vous renseigne illico sur le contenu, et si vous pourriez, s'il vous plait, écrire un article sur ledit groupe. Le pathétique de tout cela tient à ce qu'en d'autres temps, pour d'autres sons, nous aurions tous été ravis de ces appels-là. Au lieu de s'interroger sur la masse informe de leurs catalogues de prêt-à-clipper jetable, ces labels, ces collectifs, ces promoteurs essaient encore de la vendre par tous les moyens. Et sans doute cela marche un peu ! Mais qui achète ces disques-là, qui est sourd à ce point-là ? Il ne s'agit même pas de "faute de goût". Qu'est-ce que "le goût" ? Qu'est ce qui a du style, aujourd'hui ? Et qu'est-ce qui est embrasé, enivrant ?

Dans ces conditions, peut-être favorisées par l'angoisse bien gomorrhéenne (sourde, elle aussi) d'une proche Apocalypse, je préfère enterrer ce zombie qui erre encore en tous sens et que jadis j'appelais Dieu, avec entre les dents la clé d'argent des bureaux de la Rédaction de ce magazine, sur le torse une peluche à l'effigie de Murray et sur le visage le "rideau !" qu'il faut bien clore. La musique a peut-être fait son temps. Peut-être renaîtra-t-elle à la lumière lorsque l'envie reparaîtra, lorsque la pensée individuelle sera revenue à la mode, poussée par nos interminables odes, qui ailleurs désormais couvriront le glas.

 

Joe Gonzalez

Joe Gonzalez, le 24 juillet 2012 | 40 commentaires

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40 commentaires

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  1. madame peel

    26 juil 12 @ 14 h 25 min

  2. UnLecteurAssidu

    26 juil 12 @ 14 h 50 min

  3. La musique est loin d’être morte, les sorties de qualité n’ont à mes yeux, jamais été aussi nombreuses (il suffit de consulter les sites heavymental ou perte et fracas, à titre d’exemple)….en revanche la ligne éditoriale de c’est entendu et l’originalité de ses articles/chroniques a sans doute atteint ses limites dans son intellectualisation (au sens noble) de la musique ou de ses courants….les émotions que procurent l’écoute d’un album ne peuvent pas toujours se justifier contrairement au fait d’expliquer ce qui nous plait…je sais pas si j’ai été clair là???!!!!

    raf

    26 juil 12 @ 15 h 42 min

  4. Superbe article. J’ai envie de chialer. Sur la sale musique pop contemporaine et sur la belle oraison funèbre de ce sacré blog, mené d’une main de maître qu’elle ne méritait pas !

    Rémi

    26 juil 12 @ 19 h 52 min

  5. Très bel article, en effet ! J’ai été fier d’être le premier commzeur de ce qui restera à jamais mon blog zik préféré ! Tu t’arrêtes au top ! Un peu à la Platoche ! Tu raccroches les crampons alors que tes panards n’ont jamais aussi été aiguisés et précis ! Ta sortie de scène rappelle aussi le grand Zizou.

    TANK

    26 juil 12 @ 20 h 12 min

  6. « La musique populaire est de plus en plus forte et uniforme, ont constaté des chercheurs espagnols en se plongeant dans des milliers d’archives sonores des cinquante-cinq dernières années.

    L’équipe du Conseil national espagnol de la recherche, emmenée par le spécialiste en intelligence artificielle Joan Serra, s’est appuyée sur une base de données, le Million Song Dataset, pour étudier des chansons pop de 1955 à 2010 et les passer au crible d’algorithmes complexes.

    «Nous avons trouvé la preuve d’une homogénéisation progressive du discours musical», a déclaré Serra à Reuters. «En particulier, nous avons obtenu des indicateurs numériques qui montrent que la diversité des transitions entre les combinaisons de notes – les accords plus les mélodies pour parler clairement – a constamment diminué au cours des 50 dernières années.»

    Les chercheurs, dont l’étude est publiée dans la revue Scientific Reports, ont également observé un appauvrissement des timbres utilisés et une hausse continue du volume sonore.

    Reuters »

    Thomas

    26 juil 12 @ 21 h 18 min

  7. Je vous conseille le film « Idiocracy », il fait froid dans le dos !

    TANK

    26 juil 12 @ 21 h 54 min

  8. « Qu’est ce qui a du style, aujourd’hui ? »

    Ton putain d’article final :D

    Je trouve aussi, comme tu le pointes si bien, que ce qui est le plus minant, au-delà du fait qu’il y a peu de disques que je trouve vraiment intéressants, c’est de voir ces webzines « indie pop » (Pitchfork & co) faire comme si de rien n’était, comme s’ils s’étaient confiés pour mission absolue de trier le bon grain de l’ivraie jusqu’au bout, quoiqu’il advienne, et ce genre d’attitudes aveugles (sourdes plutôt) donnent des trucs insupportables tels des panneaux de Unes avec des trucs comme Real Estate + Youth Lagoon + Japandroids + Cults + Passion Pit + je sais pas quel autre bande de glands avec les noms les plus insipides qui soient et qui ont l’air d’en dire long sur leur muzak.

    Matt

    27 juil 12 @ 9 h 44 min

  9. Thomas : Merci pour ces informations qui m’avaient échappé et qui confirmeraient scientifiquement une impression née de l’expérience.

    Rémi/TANK/Matt : Merci pour vos gentils mots !

    Matt : Chez Pitchfork au moins, il y a cette notion de « Best New Music », qui serait bien pire si elle était « Great New Music ». D’une certaine façon, c’est « le meilleur de la merde qui sort » mais c’est fait de façon absolument hypocrite. Ou bien (ce que je crois, finalement), les mecs de P4k adorent vraiment tous ces disques à chier.

    Raf : T’es pas méééééga clair mais j’ai l’impression qu’on n’est simplement pas d’accord sur notre conception de la musique, qui est pour moi un art, et pas un éventail de divertissement que l’on pourrait juger uniquement par affinités et ressenti.

    Joe Gonzalez

    27 juil 12 @ 10 h 23 min

  10. Et puis je vais jeter un oeil à Idiocracy, tiens !

    Joe Gonzalez

    27 juil 12 @ 10 h 24 min

  11. Superbe article final Joe. Même si je pense avoir un moins grand idéal musical que toi je partage grosso modo ton avis, il y a des mois que je n’ai plus cette « envie de découverte » car effectivement tout se ressemble.
    J’espère juste que le site restera accessible un certain temps pour consulter es archives !

    Olivier

    27 juil 12 @ 12 h 01 min

  12. Pareil qu’Olivier.
    Mais finalement c’est cool, ça a participé à me faire aller vers plein d’autres musiques différentes.
    Et quand je me surprends à redonner une chance à un truc récent mis en avant part Pitchfork, je déchante bien vite (tout récemment : DIIV, cool pendant 1/4 d’heure, insupportable ensuite !).

    TANK

    27 juil 12 @ 12 h 58 min

  13. Alors quoi, Wu-Lyf et ALT-J ça vous fait pas bander ?;)
    Bon, sérieusement, so long, it was fun while it lasted !

    (N°6)

    27 juil 12 @ 13 h 10 min

  14. Rassurez-vous, le site reste en ligne encore un bon moment (disons « indéfiniment » pour l’instant) et vous pourrez continuer d’en explorer les tréfonds et de relire nos meilleurs mots :)

    Joe Gonzalez

    27 juil 12 @ 14 h 11 min

  15. Josette K

    27 juil 12 @ 14 h 47 min

  16. vous pensez quoi de theneedledrop? je l’ai toujours trouvé miteux

    Lanonyme

    27 juil 12 @ 15 h 38 min

  17. Je crois que Joe l’aime bien, moi je suis dans le camp des perplexes, surtout par rapport à ses blagues…

    Josette K

    27 juil 12 @ 18 h 31 min

  18. Je ne comprendrais pas du tout pourquoi Joe l’aime bien. Je trouverais ça totalement incohérent. Il symbolise à lui seul l’indie kid qui se contente de tout, le sourd par excellence… consensuel au possible!

    Lanonyme

    27 juil 12 @ 21 h 06 min

  19. J’ai éprouvé de l’affection pour Anthony Fantano aux débuts de C’est Entendu. On avait lancé nos sites pratiquement en même temps et on avait un peu correspondu. Evidemment, j’ai assez vite cessé de suivre ses aventures et ai trouvé critiquable sa façon de surdiser tout en s’enfermant dans la formule du vlog à tiroir, tout en zieutant ses statistiques toutes les deux secondes. Dommage !

    Joe Gonzalez

    28 juil 12 @ 0 h 12 min

  20. Sinon, on peut avoir 20 ans et vraiment aimer ces trucs indés merdeux et insignifiants pour vous.

    Est-ce qu’on se trompe ? Qui décide ce qu’on doit écouter, ce qui est bon ou pas, ce qui représente de l’intérêt ou pas… Ma passion pour certains de ces groupes est sincère, je ne sais pas si elle durera, et ça n’a pas d’importance d’ailleurs…

    Mais oui, mieux vaut arrêter votre site si plus rien ne vous excite. Dommage pour vous !

    clo

    28 juil 12 @ 13 h 36 min

  21. Que répondre à ça…

    Je considère aussi la musique comme un art ; je veux que la musique me parle, qu’elle soit belle, nouvelle, intime, violente, enivrante, radicale, sensible, personnelle, qu’elle me fasse découvrir, partir, ressentir. J’hésite à aller jusqu’à “réfléchir”. Je considère la grande majorité des disques que j’écoute comme des vecteurs d’inspiration et des portes vers d’autres univers, plus que comme des thèses.

    Ce que tu écris me fait penser à la citation de René Char : « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » Je ne suis d’accord avec cette idée que si l’on comprend “troubler” dans un sens extrêmement large : pour moi, ce qui importe, ce n’est pas tant de chambouler et d’apporter du radicalement nouveau à chaque œuvre que d’ouvrir de nouveaux chemins. Larges ou étroits, plaisants ou rudes, je veux qu’ils aboutissent à quelque chose et pas qu’ils ne fassent que suivre les sentiers battus—mais je ne respecte pas moins ceux qui mènent à une certaine beauté abstraite que ceux qui débouchent sur des idées neuves ou radicales.

    Ces chemins, je les cherche partout. J’ai aussi l’impression qu’il y en a de moins en moins aujourd’hui, que les rares “nouveautés” populaires sont souvent creuses, bidon, cousues de fil blanc (les modes éphémères sur lesquels tout le monde se précipite)… mais vu le nombre d’explorateurs qu’il y a de nos jours, on en trouve toujours un ou deux pour aller quelque part où l’on n’est pas encore allés. Le reste du temps, je me retranche sur le passé, ça ne me pose pas de problème, je ne pense pas qu’on puisse vraiment finir de l’explorer en une vie.

    Qu’est-ce qui est vraiment mort aujourd’hui ? Peut-être les grands courants, les vagues nouvelles qui chamboulent le paysage et ont de fortes influences positives. (Les principales “tendances” que l’on entend aujourd’hui, genre musique creuse maquillée et autotunée à outrance ou dubstep & co. copiés-collés par des milliers de zombies sans idées, sont le plus souvent d’une pauvreté et d’un mauvais goût déplorables.) Le rock me semble carrément moribond (ou alors je ne regarde pas là où il faut), ce qui me paraît assez fou quand j’y pense. Il n’y a peut-être plus de grandes expéditions, on peut se demander s’il n’y a plus de grandes terres inconnues… Ça peut donner envie de jeter l’éponge.

    Ma réponse est plutôt de se désintéresser des tendances du moment, de laisser de côté tout ce qui est histoire et sociologie de la musique en 2012, et de suivre le travail des explorateurs individuels—qu’importe leur époque. On le peut, l’époque s’y prête, et quitte à devenir un hermite individualiste anachroniste, je crois qu’on a beaucoup à y gagner. Le “paysage musical actuel” (dieu sait combien de fois j’ai utilisé cette expression dans mes articles pourtant…) est désespérant ? Soit : quittons-le donc et allons voir les autres, les visionnaires, les oubliés, les excentriques ; il y en a toujours que l’on n’a pas encore rencontrés. Lady Gaga, Lana del Rey ou KanYe West ne sont pas plus intéressants que Suzanne Ciani, Lapizjack, Jason Crumer ou les Rain Drinkers—pourquoi diable se forcerait-on à parler des premiers ? Abandonnons la scène et nos héros passés, si c’est cela qu’ils méritent. De là à abandonner la musique dans son ensemble, il y a un grand pas que je ne me résoudrai pas à franchir.

    Je reconnais que j’ai eu de nombreux moments de faiblesse, qu’il m’est souvent arrivé de me forcer à parler de nouveautés, et que j’ai manqué de recul face à des albums récents (à force de chercher des qualités, j’en entendais un peu partout). J’ai dit du bien de disques qui auraient mérité moins, j’ai parfois été trop clément vis-à-vis de projets “intéressants” qui ne l’étaient finalement pas tant que ça. Et puis, le simple plaisir d’écoute a souvent suffi à ce que j’encense un disque… je ne sais pas à quel point j’ai eu tort concernant ce dernier point.

    C’est vrai, tu m’as souvent pris au dépourvu en me demandant quelle était ma “thèse” concernant l’un ou l’autre album ! Au point que je me suis demandé si je ne faisais pas partie des “sourds” dont tu parles. Les articles “à thèse” que j’ai écrits auront été la moitié du temps inspirés par la musique même, l’autre moitié par des parallèles avec d’autres arts, d’autres pensées. Des synthèses qui ont parfois dû paraître arbitraires ou artificielles. Il m’est aussi arrivé de tomber sur des lectures dans tes articles que je ne suivais pas du tout, où je lisais des idées que je ne retrouvais pas dans la musique même. Est-ce un problème ? Oui et non… je crois que ça veut surtout dire que (pour moi du moins) l’échec d’une intellectualisation de la musique n’équivaut pas à un échec de la musique en tant qu’art.

    Parce que pour moi, la musique ne saurait se subordonner entièrement à un autre médium (celui de l’écriture en l’occurence). Elle aura toujours quelque chose d’indicible, d’indescriptible, un langage propre ; c’est cela qui en fait un art majeur pour moi ! Et je crois que oui, parfois, on ne peut “que” l’écouter sans l’intellectualiser de façon pertinente, et que ce n’est pas là une faiblesse.

    L’échec de la musique populaire contemporaine vient d’ailleurs. Peut-être d’une overdose de stimuli dans tous les sens qui font que l’on n’entend plus qu’un brouhaha homogène, peut-être du fait (simple, évident, mais difficile à accepter) que de plus en plus de choses ont déjà été faites, sans doute d’autres causes encore, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que malgré le fait qu’on vive une époque aussi riche que décérébrée où règnent les overdoses, le déficit d’attention, le zapping frénétique, les redites et reprises et retweets ad nauseam, l’uniformisation, le cynisme et l’ironie omniprésentes et le mauvais goût, à un âge qui ne me plaît pas beaucoup plus, je prends encore du plaisir à écouter un bon disque. Et qu’alors, le reste importe peu.

    lamuya-zimina

    28 juil 12 @ 17 h 00 min

  22. vous vous sabordez, vous connaissez ma position pro-musique actuelle
    pour ma part je ne compte pas m’arrêter de parler de musique, bien au contraire, j’ai jamais été aussi à fond sur la musique actuelle depuis deux ou trois ans!

    j’adore les vieilleries mais même en les connaissant de mieux en mieux, ça ne me dégoute pas d’écouter des groupes d’aujourd’hui, bien au contraire!

    peut être que nos groupes sont mineurs et n’inventent rien mais ce sont les nôtres, ceux que je peux voir en concert, ceux sur lesquels je peux attendre une sortie d’album
    et certains me retournent, je les ai mentionné déjà pas mal de fois mais rien que les OH SEES me rendent fou!

    enfin si vous avez l’impression d’avoir fait le tour du sujet il vaut mieux effectivement s’arrêter, si la passion n’y est plus, mais franchement je pense que vous vous plantez ou que vous faites parti déjà des « vieux »
    je dis pas que la musique d’aujourd’hui sera vu dans 50 ans comme celle d’il y a 50 ans aujourd’hui mais elle est loin d’être honteuse et on trouve toujours des super chansons pop!

    AlexTwist

    29 juil 12 @ 12 h 10 min

  23. Le temps fera son oeuvre, mais force est de constater que plus rien de majeur n’est arrivé depuis les années 90 qui étaient déjà marqué par des courants à tendance revivalistes (grunge retournant aux metal des 70′s, britpop repiquant la pop anglaise des 60′s jusqu’au 80′s). C’est quoi le dernier grand mouvement musical dans l’histoire de la pop ? La techno ? 25 ans. Le rap ? 30 ans. Les années 2000 ont vu le revivalisme triompher à tous les étages (le grotesque « retour du rock » avec les groupes en The au début de la décennie, puis toute la vague revivaliste 80′s dont on voit encore la queue), et l’industrie musicale d’effondrer devant Internet et le partage de fichier. 50 asn d’histoire de la musique accessible d’un seul clic à tout une nouvelle génération, qui n’en a rien fait sinon remixer tout le bordel pour souvent pondre des trucs insipides bien de leur génération (MGMT bonjour). Le rap s’est transformé depuis 15 ans en nouvelle variétoche, et l’électro s’est vautré dans un son ultra bourrin et compressé, héritage naze des Daft Punk (merci pour rien les gars) dont Justice et consors sont les avatars les plus représentatifs. Et je ne parlerais même pas de l’horrible dubstep qui a vite débouché sur une horreur comme Skrillex. Faute de se trouver de grands mouvements comme par le passé (punk, post-punk, les premiers courants du metal, new-wave, grunge), les médias, les blogs et les auditeurs se jettent pour couronner des « réformateurs de la pop » tous les deux mois. Wu-Lyf. Ah ah ah, rions un peu. L’espace musical ets complétement saturé car aujourd’hui, n’importe qui peut faire de la musique, être « créatif », même si objectivement, peu mérite une attention quelconque. C’est un gros bordel dont rien ne ressort vraiment si ce n’est ces hype artificiels créées par une presse musicale sans repère qui a besoin de se créer de nouveaux totems, pour ne pas passer pour des « vieux cons » (on y viens). Personellement je n’ai jamais acheté autant de musique (ouais, acheté, suis un vieux, donc), mais très peu de groupes nouveaux car rien ne vient me titiller les oreilles, et suivre l’actualité équivaudrait à un travail à plein temps, bien ingrat. Alors tiens, l’autre jour à la Vilette Sonique j’ai bien kiffé Peaking Lights, que je ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam (ce qui évite de se faire un avis négatif d’avance si la hype vous saoûle d’avance). Il y en a surement d’autre. Des groupes « récents », j’en écoute aussi, School of Seven Bells, Bat for Lashes, entre autre. Mais il y a tellement de choses géniales à creuser dans le passé que je n’ai pas le temps ni la volonté de suivre une actualité aux relents d’enthousiasme volontariste (franchement, Alt-J, beurk quoi), j’ai 50 ans de musique « pop » (pour dire vite) à explorer dans tous les sens, y compris les moins anglo-saxons qui revèlent des bijous (l’intégrale d’Haruomi Hosono, yipee !!). Comme je suis déjà « vieux », les histoires de générations ne me concerne plus (jamais vraiment en fait), donc libéré des affres du « maintenant, tout de suite », je peux me lover plus que jamais dans un bain musical sans me soucier vraiment trop, sinon par hasard de rencontres, de ce qui se passe aujourd’hui. Les années 2010 recèlent probablement leur lot de choses intéressantes, on y verra plus clair en 2020 (le temps de rigoler un bon coup devant la destiné de sois-disant « grand groupe » et de ressortir des petites pétites oubliées ou sous-estimées). Celà dit, uen nouvelle vague qui passerai un coup de balais, ça serait souhaitable, mais vu la nouvelle configuration de l’industrie musicale et habitudes d’écoute, je doute un peu qu’elle arrive jamais. Mais peut-être c’est àa la nouvelle vague, c’est la mort de l’industrie musicale et des habitudes d’écoute sur des formats tout pourris. Ce serait moche. Tiens, je vais me mettre au vinyle si ça continue…

    (N°6)

    29 juil 12 @ 14 h 12 min

  24. (en tout cas, je fais autant de faute d’ortographe et de coquille qu’un djeuns. Se relire ou ne pas se relire… Désolé pour ça, c’est la tehon…)

    (N°6)

    29 juil 12 @ 14 h 15 min

  25. Le gars de theneedledrop c’est un vrai sac à merde, et je dis ça parce que je le connais vraiment bien.

    Lanonyme

    29 juil 12 @ 19 h 16 min

  26. bravo joe (et les autres) pour le boulot, vous avez été bons

    billou57

    29 juil 12 @ 22 h 17 min

  27. @N6
    si on en va à la création de genres musicaux, on peut remonter plus loin que les 90s pour les revivals
    par exemple le Glam est déjà un revival Rock N Roll, et il existe une proximité réelle entre le garage et le punk

    au fond, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, les nouveaux courants sont rarement tout à fait neufs, ils ne font parfois que récupérer quelque chose qui existe déjà et le recontextualiser

    donc à partir de là, je ne m’inquiète pas tellement de l’absence de nouveaux genres musicaux, je m’inquiète plus de ne pas voir de locomotives pour « porter » le rock n roll dans d’autres sphères que celles à laquelle elle est actuellement cantonnée

    pour ma part j’ai de quoi m’acheter également ce que je veux niveau disques, et j’arrive très bien à acheter moitié nouveauté / moitié vieilleries
    et pareil dans ce que j »écoute, et je me sens pas mal quand je compare les groupes actuels avec les trucs anciens que j’aime, mais bon, une bonne partie de ce que j’écoute a une démarche similaire: influences du passé + son contemporain
    pas du revivalisme pure, mais des gens qui s’inscrivent dans une certaine esthétique pop

    pour le revivalisme, on peut aussi remonter aux 60s, par exemple le folk-rock ou le country-rock dans lequel on reprenait pas mal de morceaux traditionnels ou de chansons anciennes

    AlexTwist

    30 juil 12 @ 8 h 33 min

  28. Lamuya :

    Je voulais clarifier un point : je n’abandonne pas la musique, ni dans son ensemble, ni celle d’avant ni celle d’aujourd’hui et de demain non plus. Je ne fais qu’abandonner l’idée d’un art qui se renouvellera avant longtemps.

    J’écoute toujours de la musique, des disques sortis cette année (peu, on l’aura compris) comme de vieux disques.

    Et pour te répondre en même temps qu’à d’autres sur un autre point, je ne parle pas de mort de la musique pop par défaut d’intellectualisation ou de défrichage : tout ou presque me parait simplement se ressembler, ne servir à rien ou n’évoquer en moi aucun grand sentiment.
    Je ne critique pas ceux qui prennent encore du plaisir à écouter de la pop, ce ne sont pas les « sourds » de mon article, mais les « enthousiastes ». Je pense cette enthousiasme vain mais ne le critique pas. Les sourds sont ceux qui voudraient faire croire à la masse que l’enthousiasme serait fondé.

    Alex Twist :

    Si faire partie des « vieux » équivaut pour toi à ne plus éprouver d’enthousiasme à entendre sans cesse la même chose, je suis un vieillard croulant authentique !

    N°6 :

    Ton attitude me parait drôlement saine !

    Lanonyme :

    Développe !

    billou57 :

    Merci !

    Joe Gonzalez

    30 juil 12 @ 21 h 46 min

  29. Un autre article plus détaillé sur l’étude scientifique de l’uniformisation et de la loudnessisation de la pop :

    http://blogs.scientificamerican.com/observations/2012/07/26/is-pop-music-evolving-or-is-it-just-getting-louder/

    Joe Gonzalez

    30 juil 12 @ 22 h 09 min

  30. Je suis peut-être aveugle ou sourd, mais le nouveau single d’Animal Collective, une sorte de remix fou des Négresses Vertes, m’excite à MORT !

    Josette K

    31 juil 12 @ 8 h 16 min

  31. Joe :
    Regarde une de ses dernières vidéos et tu comprendras. Quelle gueule de con aussi!

    Lanonyme

    31 juil 12 @ 9 h 41 min

  32. Zut zut, vous étiez le seul blog musical que je lisais.

    Je comprends tout à fait votre point de vue, je me faisais la même réflexion ce week-end en plus (pas pour la première fois évidemment).

    En général je consulte les médias culturels pour découvrir des choses qui me plaisent et qui plaisent aux chroniqueurs qui en parlent, or ces derniers temps j’étais un peu déçu de ce qui était proposé ici. Par exemple dans les Vidéodimanche il n’y avait pas une chanson sur dix qui m’intéressait, et vous non plus il me semble. En ce sens là je pense qu’il vaut mieux arrêter, mais je penserai toujours qu’il aurait été génial de continuer, pour parler uniquement de vos coups de coeur, même si c’est pour poster un seul article tous les deux mois.

    Je veux dire, je ne vais pas sur l’Internet pour que quelqu’un me dise « Mec, écoute moi ça, comme c’est nul! », mais pour découvrir quelque chose de chouette, même si je comprends et ai apprécié des articles pessimistes, je pense simplement que la balance devrait tendre de l’autre côté. Mais ça il ne faut pas le forcer, ça vient ou ça ne vient pas.

    Encore merci en tout cas,

    Et puis, rien que pour le nouveau disque du Klub des Loosers, je considère l’an 2012 comme une réussite ;)

    Joie

    31 juil 12 @ 10 h 03 min

  33. Joie :

    Cela dit, la balance penchait largement du côté des coups de coeur. Les articles enfonçant un disque ou un phénomène étaient une minorité nécessaire mais une minorité en tout cas !

    Joe Gonzalez

    31 juil 12 @ 10 h 43 min

  34. @Joe : c’est bien la première fois qu’on me dit que j’ai une attitude saine par rapport à la musique.;) D’habitude c’est plutôt ma copine qui me repproche d’acheter trop de CD (même si elle s’empresse de me demander de les foutre dans son Ipod dès qu’elle tombe sur un truc qu’elle aime…). C’est l’âge. Soyons croulant.

    (N°6)

    31 juil 12 @ 11 h 10 min

  35. @Joe
    je pense que la « nouveauté » est un concept très relatif, je crois que tout est une question de timing

    au fond je crois que la pop est très cyclique et ce, depuis l’origine,
    on trouve déjà dans les années 50 une bonne partie des « idéaux-types » que l’on retrouve dans les époques qui suivent
    on loue les années 60 pour leur créativité, mais celle-ci est somme toute à partiellement relativiser
    la brutalité n’a pas attendu le garage-rock, elle existait déjà dans certain disques de rock n roll
    les mélodies pop n’ont pas attendu les Beatles, elles existaient déjà chez Buddy Holly ou les Everly Brothers
    les manipulations sonores n’ont pas attendu Hendrix ou les Who, Link Wray essayaient déjà d’obtenir des sons bizarres de ses amplis

    déjà dans les années 60 il y avait des revivals: country-rock et folk-rock

    d’ailleurs il est intéressant de voir que le country-rock et le « back to basics » de groupes comme CCR (très influencé par le rock n roll) a immédiatement suivi le psychédélisme et étaient parfois même réalisé par les mêmes qui étaient à l’avant garde quelques mois avant (Byrds qui font « 8 miles high » puis Sweetheart of the Rodeo, Dylan qui part enregistré à Nashville, les Beatles qui après Sgt Peppers écrivent des pastiches de Chuck Burry/Doo Wop comme « back in USSR etc.)

    On pourrait aussi parlé des velléités « années 30″ des Kinks à l’époque de Village Green etc.

    Le psychédélisme était lui même pas exempt d’influences du passé, notamment sur le plan esthétique où l’art nouveau était une influence majeur des visuels…

    la réalité c’est que la « nouveauté » pure et absolue est plus l’exception que la règle, et ce, depuis l’origine de la pop music

    il y a clairement des cycles, et parfois des « erreurs » qui entrainent des vrais nouveautés, des « accidents » qui sont souvent exogènes à la musique pop: contexte sociale ou création d’instruments de musiques

    la musique pop jouit en plus d’un contexte difficile, comme le soulignait Reynolds la concurrence du passé n’a jamais été aussi importante que maintenant, alors qu’avant les moyens pour accéder au passé étaient plus artisanaux (mais pas inexistant: les mecs ont commencé à collectionner les disques de garage seulement quelques années après la fin du genre musical, 5 ou 6 ans seulement après!)
    pour moi, c’est une raison de plus de soutenir la musique actuelle, évidemment pour la soutenir il faut aimer ce qui sort, et comme je l’ai déjà dit c’est largement mon cas, je cherche juste de la bonne musique, des chansons qui m’accrochent et me titillent

    c’est peut être pas très ambitieux mais ça me convient parfaitement!

    alextwist

    31 juil 12 @ 12 h 30 min

  36. Alex :

    Ne le prends pas mal mais j’ai l’impression qu’à chaque fois que tu t’exprimes ici c’est pour dire la même chose, sur le ton de la justification. Je crois que ton commentaire ci-dessus est une sorte de doublon avec un autre, plus haut.

    J’ai bien compris que la théorie reynoldsienne de la rétromania te tient à coeur et te permet de « justifier » (ça n’est pas la peine, je peux comprendre que tu trouves du bon dans la production actuelle) ton point de vue et ta non-critique profonde du système.

    Mais alors que puis-je répondre sinon en me répétant moi aussi que la « nouveauté » n’est pas en question mais bien le renouvellement et la qualité. Tu parles sans cesse de cycles et je suis d’accord avec toi là n’est pas la question. Ce qui manque à notre époque ce sont de véritables nouveaux cycles, lourdement amenés par de fiers ambassadeurs. Il nous manque de véritables génies du renouveau. Les liens disséminés dans ces commentaires et qui citent des recherches en Espagne semblent accompagner ce « sentiment » né de l’expérience de beaucoup (je ne suis pas le seul) d’amateurs, « vieux » comme « jeunes », avec ou non une bonne idée d’historiens de la musique de ce que signifierait « aller de l’avant » : la musique pop s’uniformise, s’alourdit et se renouvelle de moins en moins. Moins de diversité dans la mélodie, dans la suite d’accord, moins d’originalité dans les tessitures et les tonalités, enfin bon quoi, je veux bien qu’on s’enthousiasme encore, ça n’est pas un problème, tant mieux pour ceux qui trouvent leur bonheur hors ambition ou hors analyse, mais qu’on ne m’explique pas par contre que j’ai tort de penser que les choses stagnent et s’enlisent !

    Joe Gonzalez

    31 juil 12 @ 14 h 39 min

  37. ah oui je répète plus ou moins toujours la même chose, je suis totalement d’accord!

    en revanche je ne me servirais pas de l’étude comme d’une preuve de la pauvreté de la musique « pop » dans son ensemble

    l’étude se concentre sur les tubes, et bon le mainstream est d’un conformisme affligeant? quelle surprise!
    il y a de l’autotune, aucune variation de dynamique et peu de changements de tonalité, je suis pas surpris, ça correspond à ce que j’entends à la radio
    mais ça ne correspond pas forcément à ce que j’entends chez mon disquaire.

    tiens prenons par exemple le dernier Field Music, il n’est pas « surcompressé » (les intéressés ont volontairement peu compressé la musique pour laisser de la dynamique, c’est même indiqué sur le disque!), il y a plein de variations de rythmes et d’accords, des superbes harmonies vocales, et pas d’autotune

    en somme même si l’on peut trouver ça chiant ou pas intéressant ça a le mérite d’être à l’inverse de ce que cette étude reproche (à juste titre) à la musique pop

    globalement cette étude confirme ce que je pense, à savoir que la musique (très) populaire va vers une suppression de toutes traces d’humanité, l’autotune pour éviter que les notes soient un peu fausses, la compression pour réduire les nuances de jeux…
    en un sens l’idéal des années 80 est en passe de se réaliser: une musique sans musiciens grincheux où les cuivres sont remplacés par des ersatz etc.

    d’ailleurs, la comparaison avec les années 80 je me la faits presque tous les jours, j’ai l’impression que mon positionnement (sur lequel je sais être insistant et relou, mais j’ai l’impression d’être un peu le seul à défendre le rock n roll actuel, alors j’en remets une couche ah ah) quand je relis des vieux « nineteen » , un fanzine réputé français du début des 80s, j’ai l’impression d’y voir mes goûts musicaux et aussi ma façon de penser
    et je crois que le mainstream des années 80 est globalement presque aussi mauvais que l’actuel (en gros quand la vague punk/new wave/synth-pop de qualité se dissipe vers 1982, le niveau général des charts en 83-84-85 est assez terrifiant)
    donc je fais beaucoup de parallèle entre les deux périodes, peut être à tord, peut être pas…

    pour moi ce qui est plus inquiétant c’est que les ventes d’oldies soient passées devant celles des nouveautés, je me demande ce que cela implique pour le future et ce que cela veut dire concrétement
    mais ça ne me rassure pas en tout cas!

    alextwist

    31 juil 12 @ 19 h 09 min

  38. Bravo, et à bientôt j’espère je reconnais honteusement vous avoir déserté (je me sentais trop cloisoné et oppressé ici) mais malgré cette sois-disant apocalype créative je reste confiant dans l’avenir du « mainstream » et du recyclage éternel : you just have too stay openminded guys and see you on the other side …

    djeepthejedi

    13 août 12 @ 16 h 52 min

  39. et tenez au courants si vous avez d’autres projets ! même si c’est dans le secteur de l’immobilier ou de l’agroalimentaire :) smiley joie mais tristesse, 2012 pas encore fin du monde mais celle d’un putain de bon blog, blop blop RIP

    Jean Calin

    20 août 12 @ 13 h 31 min

  40. Aha on en lit quand même des conneries par ici, je tombe sur votre site par hasard et en retard mais heureusement que vous avez mis la clé sous la porte finalement. Lire des types de 20 piges se morfondre sur la pauvreté musicale d’une époque qui n’a jamais été aussi riche en créations tripantes et singulières pour qui sait chercher (netlabels, musiques expérimentales, pop autoproduite, etc.) c’est vraiment d’une ironie à pleurer. Moi j’ai 40 balais et je découvre tous les jours de quoi me ruiner 10 fois en lisant des sites comme IRM ou Mowno, enfin bref heureusement que les vrais passionnés ont pas lâché l’affaire.

    (et en plus vous citez en contre-exemples des daubes comme Frank Ocean ou le dernier Dirty Projectors qui est un ratage sans nom ?! bah ouais ça se tient, faut croire)

    Pauly Wolly

    11 mai 13 @ 23 h 21 min

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