Mercredi 20 juin 2012

[45 tours] Marty Robbins – Big Iron

Publié à 11h05 | 6 commentaires

Qu'est-ce qui reste quand tout fout le camp ? Ce qui est solide que je vous réponds. La musique populaire en 2012 nous a laissés tomber, tous autant que nous sommes. Vous ne l'avez peut-être pas encore ressenti, vous ne vous en êtes peut-être pas encore aperçus, votre enthousiasme n'est peut-être pas encore tombé fracassé comme un tonnelon repoussé devant un mur d'enceinte... Ça viendra. Il ne reste pas rien, certes, mais pas suffisamment, non. Devant cet effroyable constat, je me sens démuni depuis des semaines, déjà, cherchant une solution, espérant un délai, redoutant un jalon qui marquerait de façon franche la fin d'une folie qui faisait ma joie. N'ayant pas encore absolument abdiqué, j'en suis au stade où un substitut de fortune vaut de l'or ; ergo la musique country&western.

Quoi de plus stable en effet, de plus solide, en ces jours de tambouille qu'une musique fermement ancrée et dans son temps et dans son coin de terre, une musique réactionnaire si l'on veut, une musique dont la vocation a toujours été de ne représenter qu'un seul et unique tableau, celui du si éphémère et pourtant éternel Far West. Une toile bien entendu édulcorée, mythifiée à l'extrême, sertie de clichés, de manichéisme, de bottes et de revolvers, mais quelle toile ! Au 19ème siècle, l'Aventure avait encore sa légende, et la civilisation ses limites, chose qu'il est bon de ne pas oublier et au son de ces guitares résonnant comme des éperons, au rythme d'une voix virile qui semble mue par des sabots, on éprouve à condition de n'être pas fermé aux charmes surannés et poisseux de la Conquête de l'Ouest, la satisfaction d'une stabilité retrouvée, d'un Eden lointain où l'on vantait les mérites de cowboys valeureux et de gangsters courageux. De quoi oublier un temps l'absence d'enthousiasme accablante de nos confortables années.

 

 

La voix suave de Marty Robbins tel l'organe-même d'un pan de la musique populaire américaine, conte l'histoire d'un défenseur de la loi, jamais dépourvu d'une "grande ferraille" collée à sa hanche, et qui vint à bout du terrible Texas Red. Entendre résonner une telle simplicité permet d'oublier la réalité de l'Ouest sauvage tout autant que la réalité derrière nos portes et c'est pour cette raison que la country&western vaut mieux que rien, en attendant.

 

Joe Gonzalez

Joe Gonzalez, le 20 juin 2012 | 6 commentaires

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6 commentaires

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  1. en dehors du fait que je ne partage pas ton point de vue sur la musique actuelle (la preuve: j’achète des nouveautés toutes les semaines) je m’intéresse de plus en plus à la country&western même si pour le moment je suis encore assez bloqué sur les années 60 (folk-rock & country-rock on my mind) et les excellents disques de Poco, The Dillards, Gene Clark…
    pour ma part n’étant pas un adepte du « ‘progressisme » en musique pop (la « fraîcheur » me convient, la progression étant souvent qu’une illusion…) la musique actuelle m’apporte ma dose d’excitation et Retromania plus que me démoraliser m’a regonflé à bloc pour défendre des groupes actuels
    d’ailleurs en parlant de nouveauté et country&western, j’attends avec impatience la sortie de l’album de Beachwood Sparks <3

    alextwist

    20 juin 12 @ 11 h 16 min

  2. Sans opposer progressisme et fraîcheur, la musique actuelle me désespère non pas par son style ou son conformisme, mais par son niveau ! Compositions, mélodies, sons, textes, envie, sujets, clips, concerts, tout me semble d’un niveau frôlant les pâquerettes.

    Joe Gonzalez

    20 juin 12 @ 11 h 25 min

  3. Tout ou presque, bien sûr. Il y a quelques exceptions, dont certaines ont eu leur mot ici-même. Et d’autres l’auront.

    Joe Gonzalez

    20 juin 12 @ 11 h 25 min

  4. pour ma part j’arrive à trouver un nombre non négligeable de disques excitants malgré le fait que je connais aussi de mieux en mieux « les classiques » et les trésors « obscurs »

    j’arrive encore à être agréablement surpris dans des concerts après en avoir fait plus de 250

    j’ai même assez confiance dans l’avenir pour sortir des disques

    je suis probablement d’un naturel optimiste, mais bon je sais qu’en 5 ans mes goûts se sont rééquilibrés en faveur des nouveautés, et comme je le disais, j’en achète toutes les semaines

    après je te mentirais en te disant que tous les ans j’ai des disques « claques », mais j’en ai encore régulièrement, en live et en disque

    le seul truc que j’ai abandonné, et sans regret, c’est vouloir « couvrir » la musique actuelle de façon objective
    je préfère un disque « mineur » pour moi, qu’un « majeur » pour tout le monde
    les « majeurs » pour tout le monde le sont rarement pour moi
    bref je préfère m’extasier avec 100 (ou 1000) autres personnes en France sur les Oh Sees ^^
    j’ai la foi tout simplement :)

    alextwist

    20 juin 12 @ 13 h 55 min

  5. J’ai envie de me balader en caleçon orange à franges avec un colt à la ceinture quand j’écoute ça !

    Rémi

    20 juin 12 @ 14 h 19 min

  6. Et moi qui vient de regarder Rio Bravo !
    Dégainez vos six coups, coyotes à foies jaunes !

    Matt

    20 juin 12 @ 19 h 13 min

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