Mardi 26 juin 2012
[Fallait que ça sorte] Hit music only
Enfant, j’ai écouté tous les matins dans la voiture en allant à l’école une cassette de la radio enregistrée par les soins de mon père. Le pauvre homme a du se mordre les doigts d’avoir eu cette folle idée : graver sur le celluloïde des chansons de son adolescence, sur une Nostalgie régionale appelée ‘KFRC San Francisco’. Ces vacances de Noël de la fin du monde 1999-2000 auront marqué mon oreille qui réclamerait dorénavant une face par jour pendant près d’un an.
Mes chansons préférées étaient bien sûr les plus fantasistes et celles dont les paroles étaient les plus compréhensibles pour mon jeune anglais ‘chewing-gum’. Sur le podium, on trouve Big Girls Don’t Cry des Four Seasons, Octopus’s Garden des Beatles, et Crocodile Rock d’Elton John.
Vous reconnaitrez peut-être Big Girls Don’t Cry, rendue célèbre par une B.O. ; je vous laisse deviner dans quel film culte des années ‘80 elle passe à la radio. Cette chanson est une collection de voix aux timbres aigus et criards qui s’amusent à descendre trop bas, puis remonter. Je ne vois pas comment la petite fille de neuf ans que j’étais n’aurait pas adoré et essayé de reproduire tout ça.
On retrouve ces voix criardes dans chacune des trois chansons, bien que les deux autres n’en usent que dans leus refrains. Quand j’écoute les deux premières maintenant, j’aurais presque envie de dire qu’il s’agit de parodies de chansons des années ’60, tant elles exagèrent cet effet.
Octopus’s Garden, elle, me fait un peu penser à Puff the Magic Dragon chanté par Peter, Paul and Mary puis adaptée en dessin animé du même nom. Oui, je sais, elles ne sont pas vraiment comparables, mais je fais surtout référence aux paroles et à la mélodie. Évidemment, l’arrangement de Ringo est bien plus farfelu et rigolo, et c’est pour ça qu’il est génial. Je pensais très probablement à Puff, le dessin animé, en écoutant Octopus’s Garden. Je dois aussi avouer que mon présent amour démesuré pour les poulpes en plongée sous-marine doit beaucoup aux paroles de la chanson.
(Octopus’s garden)
C’est comme ça que j’ai découvert les Beatles. Il y avait aussi Taxman sur la cassette, mais je ne l’affectionnais pas trop car je ne comprenais pas les paroles alors qu’elle fait aujourd’hui partie de mes favorites. En revanche, j’aimais Horse with no name – que je connais encore honteusement par cœur – With a little help from my friends – la version de Joe Cocker que je préfère encore honteusement à celle des Beatles – I’ll Never Fall In Love Again de Dionne Warwick qui est hors catégorie, et j’en passe ; je pense bien que j’aimais la grande majorité des titres enregistrés. Les radios Nostalgies ne passent pas souvent que les meilleures ‘oldies’, on doit toujours se farcir les bizarreries du passé, au même titre que les chefs d’oeuvre, pour peu qu’ils aient été des hits.
(I’ll Never Fall in Love Again)
Les enfants aiment parfois vraiment n’importe quoi ! Avoir le contrôle sur ce qu’ils écoutent est souvent suffisant pour qu’ils l’aiment ; posséder la cassette ou le CD était par exemple un élément clé pour moi, je pouvais choisir, rejouer, alterner tant que je le voulais. Je me demande si je n’aurais pas pu aimer presque n’importe quoi qui me serait tombé sous la main. N’est-ce pas hélas justement ce qui se passe avec une bonne majorité des gens, qui, à force d’entendre une chanson à la radio, dans une boutique, leur voiture, et même chez eux, finissent par penser qu’ils adorent ladite chanson ? Quoi qu’il en soit, je ne peux m’empêcher encore aujourd’hui d’aimer ces tubes décapants d’une qualité plus que douteuse, synonymes d’une enfance qui chante à tue-tête dans une vieille Volkwagen Jetta rouge qui sentait le moisi.
Léa Patrick
2 commentaires
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Oups ! Tiré trop vite… avec un « s » à année, ce sera mieux !






















Hé hé ! La petite crevette d’il y a plus d’une vingtaine d’année a bien des choses à dire !!! C’est super Léa ! Continue !!!
BIZ BIZ