Jeudi 28 juin 2012
[Fallait que ça sorte] Fluke – Risotto
Publié à 4h00 | pas de commentaires
C'était un peu avant l'an 2000, à une époque où le big beat était en vogue, où les visions d'univers futuristes cool abondaient encore dans les médias et où je m'émerveillais devant la PlayStation de mon cousin que je me mis vraiment à m'intéresser à la musique. Parler de mes tout premiers “amours” musicaux ne signifierait pas grand-chose : la passion m'est venue progressivement, en étendant mes horizons au fil des années, en me rendant compte que la musique était un univers gigantesque à explorer et pas seulement de “bonnes vibrations” pour danser ou accompagner tel ou tel sentiment. En formant mes propres goûts musicaux, j'ai laissé tomber (comme tout le monde j'imagine) pas mal d'artistes plus ou moins honteux et/ou fades que j'écoutais au début… Mais le tout premier coup de cœur musical qui me soit resté, que j'assume pleinement et que j'écoute encore aujourd'hui avec plaisir (et pas seulement nostalgie), ne fut pas un “grand classique” : ce fut un disque de techno/big beat, découvert grâce à un jeu vidéo.>>
Il faut dire qu'il s'agissait d'un jeu un peu particulier, qui donnait beaucoup d'importance à son esthétique (visuelle autant que sonore). WipEout (Wipeout, wipE'out", écrivez ça comme vous voulez) était — et est toujours — une série de jeux créés par un certain Studio Liverpool en collaboration avec les graphistes de The Designers Republic, et dont la bande son électronique a toujours été l'un des grands points forts, comprenant des grands noms comme Orbital, The Chemical Brothers, The Future Sound of London, The Prodigy, Leftfield… et Fluke, donc. C'était un ensemble : un jeu de course ultrarapide au design léché, à l'ambiance survoltée, un univers futuriste qui collait parfaitement avec une certaine esthétique électronique/rave populaire à l'époque ; un pont temporel qui reliait 1997 à un 2097 imaginaire par le biais de beats et d'adrénaline. Et si Fluke n'a jamais été un groupe qui, par lui-même, adoptait une esthétique “totale” particulière (contrairement à l'univers visuel et sonore résolument organico-futuriste de The Future Sound of London, par exemple), le groupe a tout de même beaucoup joué sur WipEout pour faire vendre le single Atom Bomb — et demandé à The Designers Republic de signer la pochette et le livret (très réussis) de l'album.Reeferendrum
Ce n'est pourtant pas par simple nostalgie et jeux d'associations que j'écoute encore “Risotto” aujourd'hui : c'est parce que l'album en lui-même est excellent. Les nappes, les beats et la production semblent étudiés pour entourer l'auditeur dans un espace sonore aux contours découpés au laser, à l'intérieur duquel surfent des rythmes avec un cool et une maîtrise parfaits — certes rien de vraiment neuf ou de révolutionnaire, même à l'époque, mais un plaisir d'écoute qui ne se boude pas quand on aime le genre. Après l'adrénaline des deux singles un peu “rentre-dedans” Absurd et Atom Bomb (deux pistes que vous avez probablement déjà entendues quelque part, même si vous n'avez jamais joué à un WipEout : on ne compte plus le nombre de blockbusters qui les ont utilisées), le disque combine passages atmosphériques, montées en puissance et rythmes de manière quasi-irréprochable, de la respiration de Kitten Moon à la classe impeccable de Reeferendum en passant par la posée et intrigante Setback pour finir sur Goodnight Lover et sa tension chargée à bloc ; seule Squirt fait figure d'accroc un peu trop étrange et peu harmonieux au milieu de ce disque qui reste pour moi une référence, bien meilleur que tout ce qu'ont pu sortir les Chemical Brothers (que j'aime pourtant aussi), Fatboy Slim ou The Prodigy (que j'aime franchement moins et que j'ai arrêté d'écouter).>>
(Absurd (en qualité sonore assez déplorable, hélas))
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“Risotto” est en fait à la frontière entre le mix et l'album original : on y retrouve pas mal de versions différentes de pistes appartenant à “Oto” (leur album précédent, très recommandable lui aussi avec son ambiance plus posée et son ton plus… fantaisiste, voire excentrique). Par la suite, le groupe sortira un dernier album du nom de “Puppy”, puis les membres se sépareront (temporairement ?) pour former Syntax et 2 Bit Pie — des projets tout à fait satisfaisants à chaque fois (et un style assez différent chez Syntax, plus axé trip-hop et synth-pop). Je suppose que plus personne n'écoute de big beat aujourd'hui… mais un nouvel album de Syntax est déjà prévu — et si Fluke ou 2 Bit Pie sortaient un nouvel album, je me ferais toujours un plaisir de l'écouter ! Ça fait toujours plaisir de retrouver de vieilles connaissances auxquelles on tient toujours.
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— lamuya-zimina
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— lamuya-zimina



















