Lundi 25 juin 2012
[Réveille-matin] Oasis_-_01_-_Acquiesce.mp3

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Bon, avant toute chose, je vous dois des excuses : la pseudo-citation ci-dessus n'est en réalité qu'une paraphrase — je n'ai pas pu retrouver les mots exacts, que j'avais lus il y a des mois (voire des années), et dont j'ai aussi oublié l'auteur (je crois que c'était Jack White mais je n'en suis plus du tout sûr). Que celui ou celle qui n'a jamais entendu quelque chose du genre me lance la première pierre : j'avais tout de même envie de discuter un peu de cette idée, d'où qu'elle vienne.
Je ne vous apprends rien : la musique s'écoute aujourd'hui souvent en téléchargeant, en streamant, en zappant entre des dizaines, des centaines d'artistes ; nombreux sont ceux qui, débordés par leurs téléchargements, ne laissent à un album que quelques minutes pour les convaincre avant de passer à autre chose s'ils n'accrochent pas (je dois avouer que je l'ai déjà fait, quand le son me donnait vraiment de l'urticaire… je ne crois pas au speed dating musical pour autant) ; nombreux aussi, ceux qui n'écoutent plus d'albums en entier mais de simples pistes, voire (ça me paraît incroyable, mais je l'ai déjà entendu !) se contentent de fragments de chansons. (Si vous faites partie de cette dernière catégorie, pensez à respirer un peu. Je sais que la vie s'accélère partout, mais il y a des limites…) En réaction à cela, il n'est finalement pas si étonnant que les vinyles soient à la mode en 2012 — l'envie d'avoir un objet concret à manipuler, que l'on n'écoute pas de façon aussi légère qu'un lien Youtube ou Spotify, est à mon avis tout à fait légitime. Et tant pis si ça fait de moi un hipster.
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Pourtant, je me rappelle très bien de mon premier mp3. C'était aussi ma première piste de rock en même temps que ma sortie d'un cocon étroit et silencieux, consolidé par des années de timidité maladive qui avaient fait de moi l'antithèse du cool ; ces guitares qui se lâchaient après l'intro, c'était plus que des sensations fortes, c'était une porte qui venait de s'ouvrir en grand. Avec mon casque et mon ordinateur, je savais que je pourrais désormais écouter ce que je voulais, du plus sage au plus débridé, et ça, c'était une liberté que je n'étais pas prêt d'abandonner.>>
Bien sûr, une culture musicale, ça ne se forme pas en une journée. À l'époque, l'écoute en streaming n'existait pour ainsi dire pas, les mp3 se téléchargeaient un par un à 5 ko/s — combinez ça avec le fait de tomber sur des recommandations par dizaines sur les forums, d'avoir des centaines d'albums à écouter avant de pouvoir prétendre être mélomane, et vous obtenez une situation à la fois excitante et paralysante, la perspective d'une montagne à escalader. Au début, chaque chanson avait pour moi une certaine valeur — qui n'avait finalement rien à voir avec le fait de posséder le disque ou pas — et il m'aura fallu quelque temps avant de prendre une distance critique par rapport à Oasis (qui n'était d'ailleurs pas le pire des groupes que j'écoutais à l'époque).>>
Aujourd'hui, je trouve le son d'Oasis franchement lourdaud, manquant de finesse, d'inventivité et même d'énergie — l'équivalent musical d'un pudding sucré et bourratif que l'on trouve dans n'importe quel supermarché alors qu'on peut écouter des délicatesses bien plus subtiles ailleurs. Mais à l'époque, quand je ne connaissais absolument rien, ce genre de pop/rock efficace et facile à avaler était sans doute pile ce qu'il me fallait — je n'aurais sans doute pas apprécié les “classiques” de la même manière.
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Bag It Up
Et puis… pour être tout à fait honnête, même si j'ai “officiellement” laissé tomber Oasis il y a longtemps et n'écoute plus “The Masterplan” depuis des années, j'ai tout de même fini par écouter “Dig Our Your Soul” (leur dernier album). Pas par nostalgie, mais un peu par curiosité, parce que j'avais entendu de bons échos à son sujet. Croyez-moi si vous voulez, mais j'ai été agréablement surpris : cet album n'est franchement pas si mal que ça… Du coup j'écouterai peut-être la collaboration annoncée entre Noel Gallagher et Amorphous Androgynous (le projet pop psychédélique de The Future Sound of London). Je ne m'attends pas à un chef-d'œuvre, mais on ne sait jamais.>>
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— lamuya-zimina
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P.S. La première image de l'article vient d'ici. C'est ridicule quand c'est Steven Wilson qui le fait, mais ça peut donner de jolies images quand même.
6 commentaires
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Modère moi ! Modère moi !
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« En réaction à cela, il n’est finalement pas si étonnant que les vinyles soient à la mode en 2012 — l’envie d’avoir un objet concret à manipuler, que l’on n’écoute pas de façon aussi légère qu’un lien Youtube ou Spotify, est à mon avis tout à fait légitime. Et tant pis si ça fait de moi un hipster. »
je pense aussi que c’est légitime, c’est d’ailleurs ce que je dis, avec grosso modo une argumentation similaire dans le texte qui est consacré à ma démarche dans Gonzaï

(fétichisme du vinyle => croque macadam)Je me rappelle du premier CD que j’ ai acheté (un EP de Bjork: army of me) du premier vinyle 12 pouces que j’ai acheté (un maxi de « one more bump » de deejay punk-roc) du premier 45 tours que j’ai acheté (je pense que c’était « 7 nation army » des White Stripes) ainsi que de la première cassette (je pense que c’était – presque sûr – une compilation de morceau hard rock parrainée par une radio genre RTL)
par contre aucune idée du MP3 ah ahSi je ne me rappelle pas où j’ai acheté mes disques, je m’en rappelle pour une grande partie, et j’ai plein de souvenirs d’achats
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L’angoisse la bannière… Mais belle bannière quand même !
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J’ai l’impression de m’y voir!
C’était à mon entrée au lycée. J’ai découvert internet et peu de temps après le téléchargement .
Mon premier titre je l’avais téléchargé légalement sur « http://music.download.com ».
Il s’agissait de Funeral de Band Of Horses. Groupe qui, par la suite, a connu son moment de gloire.
Sentant cette liberté je me suis mis à télécharger massivement. Puis à écouter des groupes à la mode. Je dois avouer qu’à l’époque, le premier album de justice m’avait mis une grosse claque. Et que sans le duo Français je n’aurais jamais rejoint l’écurie Warp.
Le second album fut une profonde déception. L’album était-il vraiment mauvais ou est ce que j’ai vieilli? Les deux surement. -
J’avais pas vu tout de suite la croix de Lorraine ! Espérons…




















J’aime bien cet article, je m’y retrouve un peu. Désormais j’ai arrêté ce téléchargement massif et je me contente d’écouter ce que j’aime, grace à spotify ou mes mp3, désormais presque tous légaux. J’ai aucune idée du premier mp3 que j’ai téléchargé, je dois bien l’avouer, ça devait être époque kazaa, et ça devait être bien pourri! Genre Linkin Park.